Du Belidjun, ou plutôt du plateau qu'il domine
que j'ai proposé pour le passage de l'Euphrate, d'accord avec M. Layard et à peu près avec M. Ainsworth.
On ne doit pas oublier cette circonstance que les Grecs passèrent l'Euphrate ayant de l'eau jusqu'à mi-corps. M. Koch en conclut que les sources du fleuve étaient plus éloignées que ne paraît le croire Xénophon, et il va même, un peu plus loin, jusqu'à douter si c'est bien l'Euphrate lui-même que l'auteur désigne en cet endroit 1 . Ce sont là des difficultés imaginaires ou exagérées. M. Ainsworth2, qui a aussi parcouru les lieux, soutient au contraire, nous l'avons vu, qu'il faut aller jusque vers Melazgherd pour que le Mourad soit guéable : il est certain d'ailleurs que M. Brant lui donne 70 yards de large au-dessous du confluent du Tscharbuhur3, et un peu plus bas, sur la route de Musch, environ 200 pas4. Tout doit dépendre des saisons: M. Koch l'a trouvé guéable en octobre, au-dessous du confluent du Kara-su ; mais les Grecs arrivèrent là au temps des neiges. L'été est sec et chaud en Arménie5, et M. Briant nous apprend que l'hiver est moins long sur le Mourad qu'à Erzerum0. On conçoit donc que l'eau puisse encore être basse vers Musch en octobre, et qu'en novembre elle soit passablement haute vers Karagheul. M. Strecker (ubi infra, p. 5) nie d'ailleurs qu'elle dût être gelée au commencement de décembre.
L'auteur du Zug der* Zehntausend, au contraire, persuadé que ce passage a eu lieu beaucoup plus à l'Ouest, croit que la plaine où une \eige amoncelée imposait une marche si lente, et où le vent du Nord soufflait au visage des soldats, est la vallée du Tscharbuhur, affluent de droite du Mourad; et il se croit d'autant plus en droit de reporter dans cette direction la marche des Grecs, qu'il pense reconnaître une source d'eau chaude, signalée par Xénophon, dans celle que lui-même a trouvée près du village de Baskan (ou Baschkend), à l'O.-N.-O. de Gumgum, lieu où se termine cette petite vallée : c'est, dit-il, la seule source chaude que l'on trouve au Sud de la chaîne du Bingheul-Dagh7. Cette affirmation négative, s'il est permis de parler ainsi, me paraît bien peu décisive dans une contrée dont la topographie