Der Zug, etc., p
par divers détours, pour éviter les escarpements, AchaUthalakhi d'abord, puis Dsalka. Et, si Ton s'arrête un peu avant d'arriver à cette dernière localité, pour ne pas s'engager trop à l'Est, ce que devaient éviter les Grecs ; si l'on passe le Ghtzia et que l'on marche droit au Nord, au point de jonction entre le Thoris- Mta et son prolongement le Didgori, par 41° 46' de latitude, on gagnera le Kur, près de Gori, après avoir parcouru, détours compris, les 50 parasanges indiqués par Xénophon.
Ce n'est pas tout. L'Anabase parle ensuite de 20 parasanges parcourus en plaine chez les Sythènes. C'est exactement la longueur de la route conduisant de Gori à travers la plaine que baigne le Kour jusqu'au point où, se dirigeant vers Akhaltziche, elle s'engage dans le défilé où le fleuve est resserré par les montagnes. Les Grecs firent alors une halte de trois jours; puis arrivèrent, en quatre marches, formant 20 parasanges, à la ville de Gymnias, où un guide, envoyé parle prince du pays, leur promit de les conduire en vue de la mer1. Ces quatre étapes nous conduiraient à Akhaltziche même, nom qui ne ressemble point du tout à celui de Gymnias. M. Koch 2 reconnaît qu'il est impossible de déterminer avec certitude l'emplacement de cette ville. Il indique timidement Ardahan sur le Kur, c'est-à-dire sur le principal cours d'eau qui le forme, au Sud de l'Eruschethi, et Ardanutsch sur un affluent oriental du Tchoruck, au Sud du Schauschethi ; mais l'une et l'autre solution nous conduiraient probablement en plein pays des Taoques (v. supra), et nous sommes maintenant chez les Scythènes.
Du reste, sans faire ce grand détour de Gori, on peut plus facilement d'Achalkhalakhi gagner le Kour près d' Akhaltziche, et là aussi on retrouverait cette plaine de 20 parasanges que, selon l'aveu de M. Strecker, on chercherait vainement dans la haute Arménie ; nous sommes ici en pays géorgien. Il est vrai, les 50 parasanges ne se compteraient plus en entier sur la route tracée, mais les Grecs, ayant eu à combattre les Chalybes, n'ont pas dû la suivre toujours, et cette solution n'a rien qui répugne ; bien au contraire, elle diminue le paradoxe apparent d'un si large détour au N.-E. tout en conservant le point essentiel, l'identification entre le fleuve Harpasos et le Kour. Koch, malgré sa répugnance à conduire les Grecs si loin vers l'Orient, convient que l'identification des Scythènes (les Ta-Skutines de Diodore)