PapyrtiB Anoêtast V, p. J.Y, /. 2 — p, X, l
V. 8. f. — dit au scribe Pentàûr : — Voici qu'on t'apporte cet écrit de paroles cadencées. — 0 Thoth , que je sois dans Sesûnnû , — ta ville douce à %ivre , — où tu me feras des revenus de pains et de bière , — où tu garderas ma bouche des paroles de contradiction [prononcées] contre moi! — 0 Thoth, [dieu] du matin , viens — certes , afin que , lorsque j'entrerai en présence du dieu, — j'en sorte véridique. — 0 palmier haut de soixante coudées, — qui porte des cocos ! — Il y a de la pulpe dans l'intérieur des cocos, — et de l'eau dans l'intérieur de la pulpe ! ^ — 0 toi qui fais jaillir l'eau sur la route , viens à moi, aps pour moi le silencieux ! — 0 Thoth I citerne * douce pour le voyageur altéré, — région fermée à qui trouve sa bouche,' — ouverte au silencieux; — le silencieux vient, il trouve la
citerne — »*
A voir tant de ferveur, ne dirait-on pas que l'étude des lettres était une garantie de fortune certaine, et qu'il sufRsait de savoir pour réussir 1 L'encombrement des carrières libérales, si grand chez nous, n'était pas moins grand en Egypte. Afin de percer à travers la foule, il fallait longtemps pfttir, longtemps lutter; il fallait surtout se ménager l'appui d'un patron puissant dont l'amitié tenait lieu quelquefois de mérite ou d'instruction. L'enthousiasme si bouillant au sortir de l'école s'attiédissait peu-Àpeu ; la troupe des compétiteurs si nombreuse au départ s'éclaircissait bientôt. Pour un qui arrivait au but, mille restaient en chemin, rebutés par la dureté de la discipline on découragés par l'insuccès de leurs efforts. Ils entraient dans l'armée, s'établissaient cultivateurs, apprenaient un métier ou s'en allaient chercher au cabaret l'oubli de leurs misères. Avant de les abandonner à leur sort, leurs maîtres ou leurs camarades faisaient pour les retenir dans la bonne voie tous les efforts imaginables. Ils leur montraient rexcellence de la profession de scribe : « Le supérieur des archivistes Amen-em-anû, du trésor du Pharaon,
1 . Ce passage a été traduit par Goodwin dans Chabas , Aféi. Egypt, 2*"M série, p. 238—241.
2. Brugscn, (Dict. p. 756), par une confusion facile à comprendre pour
qui connaît l'écriture hiératique, a transcrit deux fois ^ y^ f^»^^^^ 3c=2 nnf
le mot qui si^ifie citerne. C'est u ^JJJJJJJJJ^ x=x j^Hm que l'on doit lire,
comme dans Anantasi V, pi, XII,, l. 4.