‹ Études sur les pagi de la Gaule (volume 3)Chapitre 147 sur 321 · Papyrus Awistast II, ;>/. K, /. 5 — fî · texte numérisé non relu

Papyrus Awistast II, ;>/. K, /. 5 — fî

Quand le roi était belliqueux et appartenait à cette lignée de conquérants dont les armes victorieuses soumirent à TEgypte plus de la moitié du monde alors connu, non-seulement les Papyrus, mais les murs des temples, se couvraient du récit poétique de ses batailles et de ses exploits. Ici encore Tinfluenoe de ridée religieuse que les Egyptiens attachaient au pouvoir royal se fait vivement sentir. Â moins de circonstances imprévues ou de nécessités urgentes, le roi, au début de son règne, n'était pas libre de combattre où il lui plaisait. Horus , avant de se porter contre les peuples du Nord, avait triomphé des nations du Midi : le roi était obligé de suivre cet exemple et de diriger une première campagne contre les peuples de TÂbyssinie et du Soudan. C'était à peine une guerre. Les tribus nègres du Haut- Nil, habituées de longue date à trembler devant les Egyi)tien8. tenaient à peine et cherchaient un reftige dans le désert , les montagnes ou les marais ; le vainqueur entrait dans les villages abandonnés , pillait et brûlait les cabanes , y faisait quelques prisonniers, ramassait les troupeaux et les objets précieux, bois d'ornement , poudre et lingots d'or , vases de métal émaillés ou ciselés , plumes d'autruche, que les pauvres gens n'avaient pas eu le temps de cacher ou d'emmener avec eux, puis rentrait triomphalement en Egypte, après quelques semaines de victoires faciles. Le roi en prenait te\te pour placer dans un temple des bas-reliefs commémoratifs où il était figuré foulant aux pieds les barbares d'Ethiopie , tandis que les légendes du cadre exaltent sa grandeur et le comparent à Horus. Désormais délivré de ses devoirs mythologiques , il a le droit de porter la guerre où bon lui semble.

C'est au Nord que s'ouvraient les grands champs de bataille des Phiuraons. La Syrie , la Phénicie , la Mésopotamie étaient, deux mille ans avant notre ère, le siège de nations riches et belliqueuses dont la défaite était non-seulement glorieuse mais profitable aux vainqueurs. Du jour où Tothmès !•' alla planter ses étendards et dresser sa stèle aux bords de l'Euphrate, jusqu'au moment où la lâcheté des prêtres-rois et l'épuisement de la nation forcèrent l'Egypte à rentrer dans ses étroites limites, tous les peuples de Syrie furent en lutte perpétuelle avec les armées des Pharaons. Divisés en mille tribus indépendantes et. par suite, trop faibles pour résister individuellement k l'ennemi qui les menaçait, ils se coalisaient sous les ordres des peuples du Nord JRoten/ms ou X'itàs , entraînaient parfois avec eux les nations de Textrême Asie , Dardaniens , Troyens , Lyeiens , Mysiens ou

s'alliaient aux pirates Achéens, Etrusques et Sardes qui couraient les mers, pour venir livrer bataille aux Egyptiens. C'est sur eux que les Aménophis et les Tothmës, les Ramsës et les Sétis remportèrent leurs grandes victoires : c'est au milieu de leurs tentes et de leurs forteresses que nous transportent les has-reliefis historiques de Thëbes. Les grandes scènes retracées sur les murailles de Kamak et de Louqsor font revivre à nos yeux le souvenir et Timage de ces luttes si longtemps oubliées entre deux races éteintes. Nous leur devons de pouvoir suivre Sésostris en Asie: nous franchissons avec lui les larges fleuves de la Syrie . nous assiégeons les villes crénelées , perchées sur des rochers à pic : nous assistons aux affaires décisives et nous en saisissons les péripéties : les fantassins luttent pied contre pied , les chars se heurtent et se brisent , et , dominant tout le champ de bataille , la figure gigantesque du souverain terrasse les ennemis épouvantés.

Au retour de ces expéditions lointaines , tandis que la population de Thèbes se pressait sur le passage du vainqueur et Taccueillait de ses cris enthousiastes , la poésie ne restait pas muette. Les scribes royaux se mettaient à Tœuvre pour chanter dignement les exploits du Dieu ; avec quel succès , les découvertes de ces dernières années nous Font assez montré. Sans doute la plupart de leurs chants triomphaux ne méritaient pas d'être gravés sur la pierre , comme ils l'ont été ; ce n'était souvent qu'une compilation laborieuse de lieux communs mythologiques ou de phrases sonores devenues banales à force d'avoir servi. Mais, à côté des rhapsodies ofScielles, on rencontre parfois des œuvres vraiment grandes et fortes où l'inspiration domine et l'emporte sur la nécessité de flatter. L'éloge d'ailleurs était souvent mérité. A en juger par les monuments , Toihmès III fut un général singulièrement heureux et habile. Sans cesse en marche d'une extrémité de son empire à Tautre, une année sous les murs de Ninive et l'année d'après au fond de l'Ethiopie, il rendit à ses successeurs le monde égyptien plus grand qu'il ne l'avait reçu et tel qu'il ne fut plus jamais après lui : quoi d'étonnant si ses guerres incessantes inspirèrent dignement les poètes de sa cour ! «Ammon-Râ, seigneur des trônes du monde, dit : ((Viens à moi ! Réjouis-toi de contempler ma grâce, ô mon fils qui me défends, {Râ-me?i'X^per'j\ \îvant à jamais. C'est grâce à toi que je me lève : * mon cœur s'élargit à ton heureuse arrivée

dans mon temple; mes deox mains unissent tes membres à la vie; ^ tes grâces sont pins précieuses que mon corps. ^ Je suis établi dans ma demeuré; je fais des miracles pour toi.^ Je te donne la force et la puissance sur toutes les terres étrangères ; je répands tes esprits et la terreur que tu inspires sur toutes les contrées , ton effroi jusqn^aux quatre piliers du ciel ; j'agrandis Tépouvante que tu jettes dans tous les seins : je fais [retentir] le rugissement de ta Majesté chez les barbares : les chefe de tous les pays rassemblés en ton poing, j'ouvre mes deux bras moi-même , je les lie pour toi [ces chefs] . Je serre en un faisceau les barb«ures de Nubie, ^ par myriades et milliers ; ceux

ilhn, 80 dit du lever du Soleil. Quant à ^^^ y • n mer-tû-u , c'est une locution adverbiale répondant à grâce' à , an moytm de.. .

1. 2) n*ûin dé-t-ûi-a h^d-k m-sà dnx Le sens premier de % ^^s. n*tim est

pétrir, modeler, former d'où le noln du dieu Num , Xvovfiiç, Xvovqiç, qui est représenté modelant l'oeuf du monde sur le tour à potier. Le tens dérivé est joindre, unir.

mes III f 1. 2) fiezem-Ûi am-t-u-k er a'enh-t-a. tic Rougé , Id. p. 8 et p. 11 note 3: « tes grâces plaisent à ma » M. Brugsch a déterminé

le sens du mot X 11 q^N^ a^enb-t (Dict. «. v. /.)', mais donne une ver- .ion différente du paB8.^e : I ^ I ^ XS } 1^- ^y; ^ £ J ^s. JJi nezem-uï sexeni-t'ti-k er s'ettbt^-a : « deine Macht war meinem Leibe angenehm.» Il me semble que la version 0 ^K^^, am-t-u du texte de M. de Rougé est plus d'accord avec le verbe 8 ^v j ^\N uezem-ui que la leçon v ^K^*^ sexem-t du texte de Brugsch.

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