‹ Études sur les pagi de la Gaule (volume 3)Chapitre 160 sur 321 · Lacune d'un on deux mots · texte numérisé non relu

Lacune d'un on deux mots

6. Mariette, Abydos, T. I,pl. 5?, /. i— 29. Pour l'interpréUtioD historique du texte, voir Maspero dans la Jtewie critique 1870, T, il, p. 40.

qui nous dévoilons [nos perfections , chaque jour ; fais que sou nom s'élèvej jusqu'à la région des nuages.» Toth s'empresse dobéir k leurs ordres : après être monté aux régions supérieures où Râ, le soleil diurne , marche entouré de son cortège divin, il redescend jusque dans les parties inférieures du ciel, où repose Osiris, le dieu des morts, et son langage devient mystérieux. Dans le tableau qui accompagne Tinscription et lui sert connue de préface, le sculpteur avait assis le roi aux côtés d'Isis et d'Horus , à la place d'Osiris. Le poète , s'emparaiit de cette donnée , la transportée dans son œuvre : Séti n est plus seulement Séti, il est Osiris lui-même. Le mythe du dieu, ses malheurs, sa résuiTcction, ses attributs sont usurpés et j'oserai dire vécus par le roi. Ce dieu qui dort dans son cercueil et dont Toth rencontre lame dans la région des nuages, c'est à la fois Osiris et Séti. Aussi , le langage du poète se ressent-il de la double existence de son héros : il s'adresse au roi , lui parle à la seconde pei*sonne , et soudain , par un artifice de style qui jette plus de variété , d'énergie et d'obscurité sur son œuvre , il change brusquement de sujet et met le dieu en scène sous ses noms et formes diverses. «Le dieii qui repose dans son cercueil (Osiris-Séti , sa face n'est plus voilée ; ta grâce (Séti-Osiris) s'est éveillée , tu as tournée ta face vers les seigneurs du ciel inférieur et les habitants de lAnmif se sont réjouis.» Une fois sorti des limbes , Osiris-Séti poursuit le cours de ses métamorphoses traditionuelles. Tout-à-l'heure , il était dieu père; le voici maintenant dieu le fils. Ces assimilations offensent le lecteur niodenie et lui paraissent absurdes ; Fétaient-elles pour les Egyptiens ? Pour en bien apprécier la valeur , il faut nous replacer par l'imagination au milieu des générations éteintes. Le roi ))orte le costume des dieux, reçoit des offrandes , comme un dieu, se dissimule dans l'éclat de sa toute-puissance, comme uu dieu dans sa lumière divine; quand il sort de son palais et qu'à moitié perdu dans la vapeur des encensoirs, la couronne et l'urœus au front, couvert d'or et de pierres, entouré de ses fils et de ses généraux , il apparaît en pleine lumière , la foule qui se prosterne devant lui et le salue de ses acclamations croit de bonne foi qu'il appartient à une race plus pure que la race humaine. Ce nest pas pour elle un mannequin de hasard, affublé d'oripeaux divins; c'est un dieu, un dieu vi vaut . un dieu mêlé aux choses , qui passe sur la terre , s'y incarne et daigne s'abaisser à régner, en attendant qu'il rentre dans le sein de sa propre divinité.

Si, au lieu d'un temple, il s'agissait d'an palais ou d'une villa, réloge n'était ni moins pompeux, ni moins poétique. « Sa Majesté s'est bâti une villa, — dont le nom est Aà^naxi. ^ — Elle s'étend entre la Palestine^ et l'Egypte, — toute remplie de provisions délicieuses. — Elle est comme la reproduction à'Hermonthis ; ^ — sa durée est celle de Memphis ; — le soleil se lève à son double horizon, — [et] se couche en elle. — Tous les hommes quittent leurs villes — [et] s'établissent sur son territoire, — dont TOccident est la demeure d'Ammon, — dont le midi est la demeure de Sûtex ; — Astartè y est au levant, — Uàc^it y est au Nord.

— La villa qui s'y trouve — est comme le double horizon du ciel: — [Ramées Meïamaun) y, s. f. y est comme Dieu, — Month dans les deux régions comme interprète, — le Soleil d^s princes comme nomarque, — les délices de F Egypte y

— Tami de Tûm comme général;'* — [aussi] la terre descend — elle vers lui. — Le grand prince de X'ita envoie un message — au prince de Kadi. — «« Si tu es prêt, partons pour l'Egypte, — [car] les paroles du Dieu^ s'accomplissent. — Faisons notre cour à (Râ-ûsor-mà)] v. s. f. — [car] il donne les souffles à qui il aime — [et] toute contrée existe par lui.® — X^(tà est dans ses volontés seules ; — aucun dieu ne reçoit l'offrande de X^ità :

— X^îtà ne regarde plus les ordres du ciel; — il est dans les volontés de (Râ^ûsor-mâ) v. s. f., — le taureau aimant la vaillance.»»'

1. Le nom complet de la ville est: Pà [Eamessiij, âà-naxt. «La ville de Ramsès, le très vaillant.»

2. Le texte donne A ^V Jr Q^ ^àhi. Pour mieux indiquer la position géographique je me suis permis l'anachronisme de Palestine.

3. M. à. m.: «Elle est comme le dessin y le plan de An du midi.» Anqeniàj An du midi, VHermontKis des Grecs.

4. Month dans les deux réoions, SoUU des princes. Délices de l'Eaypte, Ami de Tûm sont des épitnètes ordinaires de Ramsès II ; c'est donc à Ramsès II que s'appliquent tous les titres d'interprèiet nomarque, général,

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