AVEC TROIS CARTES FÉLIX HOBIOU
PARIS
LIBRAIRIE A. FRANCK
F. VIEWEG, PROPRIBTAIEB 07, HUE RICHELIBU
AVERTISSEMEiVT.
L'étude topograpliique de ritinéraire des Dix-Mille a été plus d'une fois tentée ; elle a donné assurément déjà des résultats satisfaisants sur plusieurs points, et je dois beaucoup, on le verra, pour le présent travail, à Texamen attentif et à la ciitique intelligente du voyageur anglais Hamilton. Néanmoins il me semble que rétude d'ensemble restait à faire et que la partie la plus difficile est restée jusqu'ici très-obscure. Il est manifeste que Fldentiflcation des lieux ne peut avoir lieu que par la comparaison du texte avec le récit détaillé des voyageurs et avec la représentation exacte du terrain lui-même. On s'expliquera ainsi comment le nom illustre du major Rennel ne figure pas parmi les autorités que j'ai citées ; quand il composa ses recherches sur l'objet que j'ai entrepris d'examiner, il n'était pas encore temps de s'y livrer au point de vue topographique. L'Anglais Ainsworth et l'Allemand Koch, qui ont étudié la question sur les heux, se trouvaient dans des conditions bien meilleures ; mais, comme on le verra dans le courant de cette étude, les défauts de leurs méthodes devaient les conduire à de graves erreurs, et le travail restait à faire, surtout pour la région des montagnes.
J'ai dû cependant étudier à fond leurs travaux, et l'on verra que je les ai critiqués pas à pas, si ce n'est quand il m'a fallu, dans la partie du voyage qui précède l'arrivée à Trébizonde, me frayer une route entièrement nouvelle. L'entreprise était hardie
j'en conviens : mais j'avais à ina disposition un instrument bien puissant, la carte dressée par Kiepert pour Y Erdkimde de Rit ter [die Etiphral-Tigris Llinder, en 5 feuilles) qui mettait l'Arménie sous mes ycmx, avec tous ses accidents de terrain, en quelque sorte», et me permettait de choisir dans l'ensemble ceux que pouvait désij^ner le texte de Xénophon.
Les cartes qui accompagnent mon opuscule ont été tracées par moi; pour la Phrygie, surtout avec l'aide de celle de Hamilton, où j'ai choisi ce qui concerne le présent travail et que j'ai complétée sur quelques points parcelle où Kiepert a retracer Asie-Mineure, carte qui m'a élé aussi fort utile pour la Syrie ; pour les environs du goU'e d'Issus, j'ai eu recours aux mêmes modèles : ici le gêogi*aphe de Ilamilton, M. Arrowsmith, avait eu à sa disposition l'atlas du colonel Chesney (expédition de TEuphrato), qui a également servi de base au travail de Kiepert en ce qui concei*ne le coui's moyen du Tigre et de l'Euphrate. Les cartes correspondantes des Euphrat-Tigris Lcinder me servent de modèle pour cett(i réj^ion, en y joignant les cartes spéciales des travaux de MM. Bewsher et Mac-Michaël que je cite dans le texte. Pour l'Arménie, je n'ai eu, en supprimant la pai'tie orientale, qu'à choisir, entre 1(îs innombrables détails donnés par les cartes de Kiei>ert, ceux qui sont utiles i)Our donner une idée bien suffisante de l'ensemble et pour suivre avec précisi(m la marche des Grecs; ce choix j'ai dû le faire également parmi les nombreu.ses localités modernes indiquées par Kiei)ert sur les bords des fleuves, audessous de la région des montagnes ; d'autre part je fais entrer dans la carte du Tigre et l'Euphrate moyens l'Assyrie avec une extension et des détails que fournissent les cartons de Kiepert, son Atlas antiquiis et l'atlas de M. Fr. Lenormant. Pour la côte du Pont, j'ai joint à l'étude des grandes cartes de Kiepert celle de la carte du pivmier volume de Hamiltcm. Des lignes ponctuées indiquent partout la marche des Dix-Mille, telle que j'ai cru devoir
la déterminer.