Anab. IV
oriental, c'est-à-dire le cours d'eau formé par les trois affluents de Bitlis, de Sert et de Bohtan, mais ceci demande un mot d'éclaircissement. On peut bien admettre que, comme le pense le docte voyageur , légué franchi par les Grecs est celui qui se trouve peu au-dessus de Tilleh, c'est-à-dire de la ville près de laquelle le fleuve formé de ces trois rivières rejoint le Tigre proprement dit ; mais ce n*est pas la courte vallée qu'elles arrosent après leur réunion qui pouvait limiter l'Arménie au Sud : c'est bien certainement la rivière de Sert, de beaucoup la plus longue des trois, en y comprenant son affluent le Bohtan, qui en continue la direction; en un mot, celle qui coule de l'Est à l'Ouest, au Sud du grand lac de Van*. C'est bien celle que M. Ainsworth désigne avec assurance comme le Kentrite et appelle le Buhtantchaï, en donnant à l'ensemble le nom de sa partie la plus orientale qui arrose le district de Buhtan (ou Boktan sur la carte de M. Layard). Les distances et la largeur de la rivière correspondent parfaitement, dit-il, aux données de Xénophon*. Quant à l'endroit précis du passage, les voyageurs n'osent se prononcer ; seulement Ainsworth fait observer^ que ce ne peut être au-dessous du point nommé Janiminiyah, où la rivière est bordée de collines, attendu qu'après cet endroit elle n'est guéable nulle part ; parmi les routes possibles au-dessus, il pense naturellement à la route actuelle de Sert, qui lui paraît fort ancienne, mais l'étendue et la dimension de la plaine ne concordent pas avec le récit de l'Anabase^. Ici encore, M. Koch, conséquent avec lui-même et se rappelant la direction qu'il attribue aux marches précédentes, reporte l'itinéraire des Grecs un peu plus à l'Est, un peu plus loin du Tigre que n'avait fait son prédécesseur^. Celui-ci inclinait pour un gué voisin de Janiminiyah, sur la route de Redwan, dans le voisinage du Tigre. Le voyageur allemand juge au contraire qu'U ne faut pas chercher ce lieu du passage au-dessous du confluent entre les rivières de Sert et de Bitlis^, mais bien au-dessus, à deux ou trois heures
1. Cf. Anab., IV, 3 et Layard ubi supra, p. 63. Voy. aussi la carte en quatre feuilles de FÀrmënie et de la Mésopotamie, par Kiepert, 1854.
2. Voy. Travels, etc., p. 166. —Voy. aussi Koch, p. 78, et Grote, Âppend. au chap. LXX de son Histoire de la Grèce (init.).