Papsfrm AnaUaêi IV, pL XJI, l 6, à pi. XIII, l. S
année» de travail et d^efforts assidns, le savant le pins habitué aux oontnmes antiques se trouve comme dépaysé en présence de certains détails de mœurs et de certaines formules familières; il use parfois des mois d'étude avant de s'apercevoir que la difficulté inouïe , l'obstacle insurmontable qui l'arrêtait depuis si longtemps, était l'expression évidente d'un de ces usages si naturels à l'homme qu'aujourd'hui encore ils sont en vigueur parmi nous , et qu'il suffisait d'appliquer au passé les données du présent pour obtenir un sens clair et précis.
Minuties de la vie courante, allusions à des usages incompris ou à des personnages inconnus , aux petits événements de la veille et aux préoccupations du moment, voilà donc ce qui nous rend si pénible l'intelligence de cette littérature épistolaire. Ce qu'il faut de patience et de labeur incessant pour surmonter des obstacles de cette nature , ceux-là le savent qui ont pris pour sujet de leurs études la correspondance des écrivains anciens ou modernes. Mais aussi, une fds les premières difficultés vaincues, que de faits curieux pour l'histoire des mœurs et du caractère nous révèlent ces feuillets, si chargés pourtant de choses insignifiantes et de formules insipides! Que de confidences curieuses nous font , sans le soupçonner , nos correspondants imprévus d'il y a quatre mille ans I Ce qu'on aperçoit d'abord, ce sont les linéaments principaux du caractère national, la ténacité, l'instinct de la discipline , la superstition du passé, la déférence innée pour la science et pour ses représentants , la religion du roi et des autorités établies , la vénération naturelle du culte, la croyance inébranlable en dieu. Puis , à travers les indiscrétions involontaires et les abandons de l'homme qui ne se doute pas qu'il écrit pour la postérité , on finit par démêler les traits particuliers à chaque profession , à chaque classe de la société. On suit les sujets de Sésostris, comme on peut les contemporains, dans leurs ateliers, dans leurs boutiques, dans leurs maisons des villes ou des champs. Chacun d'eux vient, pour ainsi dire, poser dans notre ci^>inet, avec ses amitiés, ses haines, ses habitudes, sa physionomie changeante, fait ses affaires devant nous, nous montre à nu les petits scandales et les petites passions de la société thébaine, nous conte sa vie et la vie du voisin avec une prodigalité de dates, de chifltes, d'indications locales, plus précieuses à l'historien qu'un grand poème ou qu'un beau morceau littéraire, et finit par nous laisser, en souvenir de sa visite, l'image, souvent peu flattée, de sa propre personne, et les éléments
d*Qn portrait fidèle de la classe et du temps auquel il appartenait.
Dèsirez-yous savoir de quel ton un intendant favori pariait à son maître f Une lettre conservée par le scribe Enna va nous l'apprendre. «Dès Tenfimce, j'ai été avec toi ; tu as frappé mon dos , tes instructions sont entrées dans mon oreille. J'ai été comme un cheval lancé au galop ; le sommeil n'est point venu dans mon c<Bur , pendant le jour , il n'a pas été avec moi , durant la nuit.^ Or 3, j'ai agi dans l'intérêt de mon seigneur, comme l'esclave qui vénère son seigneur : je te construis une villa toute neuve sur le territoire de ta ville , ^ plantée d'arbres de tout côté. Les chambres de ses greniers^ sont pleines de froment, deftrine,^ Ton étable multiplie les dos; tes
1 . Mr. Chabas a traduit ce texte joaqo'en cet'endroit dans Bon Voyage d^un JBgypHen, p. 137.
2. ^^^ ^^ em zod, m. a. m. à savoir, en diaani, se trouve employé
iBolémeiit au commencement de la phrase, comme son dérivé copte 1C6 - Cette tournure uauelle en copte est plus rare dans Tancien égyptien.
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U^ nâShu-k àhcX-t-u m-^emifl nôè'-ti-tc [«'enj-^n. M. a. m. «tes
eliambres au milieu de ses greniers».
5. Papyrus AnastasilV, pi. VIII, l. 7— 10, Suit une énumération de plantes que je ne puis tontes identifier. L'une s'appelle i jl (J ^
h*gru-haûk, m. à m. faces itépervier (1. 10). Dans le ^^^^. flT? kemntni de la ligne 1 1 je crois reconnaître l'équivalent du cumin,
héb. la», ar. ^-^yS- A la même ligne, le mot <^^ dàïr'
^d-u, nommé idlleurs et plus correctement (F^.Anwt. IV, pL XV, /. //)
T^ T^W ^^ "^ é&rs*ânà'U est l'équivalent du copte <\pU|i^N T. ADUICN T, M, Tl {Zoepm, 63, 556) lentille. Toujours à la môme ligne, je vois le ^i^^^ M^^^ lu "^^^^ espèce de datte, peut-être le coco (cfr. D. H. J. 23), l<î jK "^ ^ ÛHz-t-^t peut-être le
vaches sont pleineB.v ^ Le même se plaint aillenn d^im détournement d'esclaves fait à son détriment par on de ses collégaes, le scribe des archers Pà-mer-kàr-u.^ Le capitaine H&ra échange une grande ânesse et son ânon ^ contre un antre ftne et nn objet dont je ne distingae pas nettement la natnre.^ Les conditions dn marché, les formalités du contrat, les garanties , sont spécifiées avec une rigueur toute légale : le notaire le plus scrupuleux n'y trouverait rien à reprendre. — Un fonctionnaire impérieux adresse à son employé une réprimande administrative : il fallait livrer en temps utile à de certaines gens dix oies destinées à la reproduction et le scribe distrait a négligé de remplir les instructions que son chef lui avait données à ce sujet. «Correspondance — Sois mis à Tamende (?) fraudeur que rien ne trouble!^ Ce que tu as fait, qu'est -cela? Je t'avais dit:
colchique, et une plante à graines ^ "^ âàdinà-u, dont le
nom pourrait être rapproché de la racine sémitique ytf , délices. A la
ligne 12 on rencontre successivement le 1 TaT tdien , espèce de lin dont on disait des étoffes très fines (v. Brugsch , Dict, s. v. tuten) , le
TM "^1 k IJ!LP\1 mâs-âfa-renné^. l'herbe aux «te P),
le raisin jl l dnbû, hébr. 339 , le papyrus ou une espèce de canne i sucre ^^'^^V U 11 , , , 9*»»V, copte KEH, héb. ««a, xif^iç IXaifoftointov ; etune plante ^^^^^s^^itetew-tt, héb. D-^KW, fruits dont on fiaisait
des philtres amoureux, selon la version des Septante, des mandragores.
1. Papyru$,Ana9t(ui IV, pi. IX, /. /. La formule «ton étable multiplie les dos» est une image empruntée au spectacle que présente une étable remplie, et dans laquelle on ne voit de cnaque bête que le dos et la tôte.