‹ Études sur les pagi de la Gaule (volume 4)Chapitre 37 sur 38 · Ibid. p · texte numérisé non relu

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lités faisaient partie de l'archidiaconé de Flandre 1 . On peut cependant affirmer que le pagus Taruanensis proprement dit ne s'étendait, pas plus que le Boulonnais, en dehors de l'archidiaconé d'Artois; car ces cinq villages, au dire de certaines chartes, trèssouvent de celles-là même qui les placent dans le Thérouennais, dépendaient du pagus Mempiscus 2 , pagus qui s'étendait aussi en partie sur le diocèse de Tournay. Les chartes en les indiquant in pago Taruanensi, veulent évidemment faire comprendre qu'elles faisaient partie de la portion du Mempiscus attribuée au diocèse de Thérouenne.

Le pagus Taruanensis occupait donc toute la portion orientale de l'archidiaconé d'Artois, c'est-à-dire ce qui était hors des limites du gouvernement du Boulonnais. Des chartes nombreuses en témoignent, et cependant, dans le langage populaire, le nom de Ternois, forme française de Taruanensis, ne s'applique qu'à la partie méridionale de ce pays; nous trouvons dans cette partie sept localités qui sont encore ou qui ont été dites en Ternois, savoir :

Bailleul 3 (Pas-de-Calais, arrondissement de Saint-Pol, canton d'Heuchin).

Blangy 4 (Pas-de-Calais, arrondissement de Saint-Pol, canton du Parcq).

Gouy-en-Ternois (Pas-de-Calais, arrondissement de Saint-Pol, canton d'Aubigny).

Monts-en-Ternois (Pas-de-Calais, arrondissement et canton de Saint-Pol).

1. En l'absence de pouillés de l'ancien diocèse de Thérouenne, dans les dépôts de Paris, nous avons dû nous contenter du traité d'Aire (1559); les paroisses de l'évêché de Thérouenne y sont énumérées par doyennés (Hiraeus, Opéra diplomatica, t. IV, p. 661).— Boeseghem {Bousinghem) était du doyenné de Merville, Crombeke de celui de Poperingues, Ledringbem de celui de Bergues, Strazeeie de celui de Bailleul, et Terdeghem de celui de Cassel.

2. Voir, pour Ledringbem, la charte de 723 et, pour Strazeeie et Crombeke, la charte de 875. Nous avons cité le diplôme d'Henri I" (1037), qui nous apprend que Boeseghem et Terdeghem étaient compris dans le Mempiscus. Une charte de 867, dont nous avons parlé plus haut, mentionne Mékeriae et Heingasele, situés in pago Taruanense infra Mempiscum. Nous n'avons pu traduire ces deux noms ; mais il est probable qu'ils faisaient aussi partie de l'archidiaconé de Flandre ; quant à Heingasele, suivant Yperius il était situé sur l'Yser, fleuve qui coule exclusivement dans cet archidiaconé.

3. « Balliolum in Ternesio » (Pouillé du diocèse de Boulogne (1648), p. 5). A. Sanson, Carte du gouvernement général de Picardie, Artois,

Boulenois, et pays reconquis, etc. (1651).

Œuf-en-Ternois (Pas-de-Calais, arrondissement et canton de Saint-Pol).

Oppy 1 (Pas-de-Calais, arrondissement de Saint-Pol, canton d'Avesnes-le-Comte, commune de Baudricourt).

Seint-Pol 2 (Pas-de-Calais, chef-lieu d'arrondissement.)

Quelle était la cause de cette restriction? Nous allons essayer de l'indiquer. Le vaste diocèse de Thérouenne paraît avoir été entièrement compris dans le marquisat de Flandre, créé sous Charles le-Chauve. A la mort de Baudoin le Chauve (918), ses deux fils, Arnoul et Ardolf, se partagèrent ses états : la Flandre échut à Arnoul, la cité de Boulogne et la région Thérouennique (civitaterri Bononiensem et regionem Taruennicam) 3 , qui formèrent plus tard l'archidiaconé d'Artois, constituèrent le lot d' Ardolf. A la mort de son frère, Arnoul rétablit le grand marquisat de Flandre dans son intégrité, et mérita justement le titre de « princes des Morins » (princeps Morinorum), que lui donne un chroniqueur du x e siècle, Richer 4 .

Arnoul paraît avoir été le dernier comte de Flandre qui ait réuni ces vastes états. Après lui, Boulogne eut ses comtes particuliers. Quant au pays ou comté de Thérouenne, il semble avoir été démembré vers la même époque. Ce qui est certain, c'est que la partie septentrionale, y compris la ville épiscopale de Thérouenne, fut conservée par les comtes de Flandre, qui la divisèrent en deux châtellenies, dont les chefs-lieux étaient Thérouenne et Saint- Omer 5 ; et dès le milieu du xi* siècle, la partie méridionale de l'ancien pagus fut tenue en fief des comtes de Flandre, par un

1. Harba ville, Mémoires historiques et archéologiques du Pas-de-Calais, t. I, p. 296.

2. Saint-Pol, aujourd'hui Saint-Pol-sur-Ternoise était jadis très-connu sous le nom de Saint-Paul-en-Ternois. — Voir des titres de mas. du dernier siècle donnés par M. Desnoyers (Topographie ecclésiastique de la France, p. 634).

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