‹ Études sur les pagi de la GauleChapitre 19 sur 85 · Flodoard, Historia Remensis ecclesiae, 1. 11, c · texte numérisé non relu

Flodoard, Historia Remensis ecclesiae, 1. 11, c

2. « Ad Alamanniam totam Burgundiam, excepto quod Pippino datura ■ est, totam Provinciam et totam Gotiam, et de ista média Prancia Wa- » [vjrensis, Ungensis, Caslrensis, Portiano. Remegensis, Laudunensis, » Mosellis, Treveris »(Dom Bouquet, Historiens de France, t. VI. p. 414).

3. « Lotharius inter Rhenum et Scaldem in mare decurrentem et rur- » sus per Cameracensem, Hainnoum, Lomensem, Cadrilium et eoscomi- » tatus qui Mosae citra contigui habentur usque ad Ararem Bodano in- » fluentem. » Annales Bertiniani, anno 843, chez dom Bouquet, t. VII, p. 62).

4. « Et haec divisio quam Carolus de eodem regno sibi accepit :

» Scarponinse, Viridunense, Dulmense, Arlon, Wavrense comitatus II, » Mosminse, Castricium, CondrusU {Annales Bertin., chez dom Bouquet,

t. VU, p. 110).

Meuse in cornitatu Castrense, et les dépendances de cette villa, afin qu'ils y élevassent en l'honneur de leur patron un prieuré (cella) pour leur servir de refuge en cas de besoin 1 . Il s'agit ici de Donchery (Ardennes, arr. et cant. de Sedan), petite ville dont le prieuré et la cure dépendaient encore au siècle dernier de l'abbaye de Saint-Médard de Soissons *. Le plus ancien pouillé du diocèse de Reiras (1303-1312) nous apprend que l'église de Donchery était placée sous l'invocation de saint Médard, ce qui montre qu'on avait exécuté le vœu de Charles le Gros 3 .

6. Flodoard et Richer, les deux grands historiens rémois du x u siècle, donnent des renseignements concordants sur la situation du pagus Castricensis au commencement de ce siècle. En 920, Erlebald en était comte 4 . Ce seigneur, d'un caractère rapace, s'était emparé de biens appartenant à l'archevêché de Reims et avait construit sur une terre de cette église, située au bord de la Meuse, une forteresse du nom de Maceriae qui depuis est devenue la ville de Mézières. Il attira ainsi sur lui les foudres de l'excommunication, et, ayant refusé de se soumettre, il fut assiégé dans Mézières par l'archevêque Hervé. Au bout de quatre semaines il s'enfuit furtivement de la place, qui dut se rendre, et il alla rejoindre, dans le pays de Worms, le roi Charles le Simple qui parlementait alors avec Henri I er , roi de Germanie; là, ayant tenté de s'interposer dans une querelle entre les vassaux des deux souverains, il fut tué par ces furieux. Le comte du pagus Castricensis était mort sous le coup de l'excommunication ; mais l'année suivante, au concile de Trosly, l'archevêque de Reims, à la prière du roi Charles et du consentement des évèques présents, le releva de cette sentence 5 .

1. « Concedimus dilectissimis monachis cenobii sancti Medardi atque » Sebastiani, ad eorum scilicet usus, stipendia atquc rcfugium ingruen- » lis persecutionis ex eadem abbatia, villam nostrara dominicalem » superMosamfluviumsitam in cornitatu Castrensi, Doncherium nomine

» ut praefatis sanctis inibi cella construi possit ad divertendam vio-

» lcntae persecutionis rabiem. » (Marlot, Melropolis Retnensis historia, 1. 1, p. 508).

2. Varin, Arch. admin. de la ville de Reims, t. Il, p. 1075 et 1079.

3. Ibid., t. II, p. 1075 : « Parrochia de Donchereyo fundata in honore » beati Medardi. »

4. Flodoard l'appelle cornes Castricensis pagi (Historia Retnensis ecclesia, 1. IV, c. 16; Chronicon. ad anno 921. — Richer le qualifie cornes Caslricensium (Historiae, I. I, c. 19).

5. Flodoard . Historia Retnensis ecclesiae, I. IV, c. If>. — Chronicon Flodoardi, années 920 et 921. — Hicher, Historiae, I. I, c. 19, 20 et 20. — La chro-

7. Le nom du pagus Castriccnsis apparaît encore trois fois dans Flodoard. La première mention concerne une femme du pagus Castricius, du nom de Rotgarde, laquelle, au dire de l'historien, aurait recouvré l'usage de ses jambes, lors du retour des reliques de saint Remy à Reims, en 883 1 . — Ailleurs, Flodoard rapporte que Rodemar, sous l'épiscopat de Rigobert (696-73.'3), donna à l'église de Reims ses biens situés in Vico in pago Castricensi 2 , et qu'Austrebert fit don de ceux qu'il possédait dans la même villa. — Enfin, il nomme eu pagus parmi ceux qui formèrent le mùfsatùntm confié à Wulihair par Charlemagne 3 . — Virus ne peut désigner ici que Vieil-Saint-Remy (Vicus sancti Remigti*), village qui figure, au neuvième siècle, dans le polyptyque sous la simple dénomination de Vicus 5 ;

nique apocryphe de Mézières rapporte les mômes faits en y ajoutant quelques détails supposés sur les ascendants et les descendants d'Eriebald (voir notre appendice n°ll).

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