CHAPITRE IV
LE MOUZONNAIS
(Pagus Mosomensis).
De tous les pagi de l'ancien diocèse de Reims, aucun n'est moins fréquemment cité que le pagus Mosomensis.
1 . La plus ancienne mention de ce pagus est du milieu du neuvième siècle. A cette époque, Hincmar, archevêque de Reims, écrivait une vie de saint Remy où il rapporte la donation faite par Chlodoald à ce prélat, de la villa Duziacus située in pago Mosomagensi 1 . Duziacus est aujourd'hui Douzy, Ardennes, arr. de Sedan, cant. de Mouzon.
2. On lit à l'année 862 dans les Annales de St-Bertin écrites, sinon par ce même Hincmar, du moins sous sa direction, que Charles le Chauve et Louis le Germanique se donnèrent rendezvous pour le mois d'octobre, sur las confins du comitatus Mosomagensis et du comitatus Vonzcnsis 8 (comté de Voncq).
3. Le comitatus Mosminsc est nommé, en 870, dans l'acte de partage du royaume de Lother; il fit partie du lot attribué a Charles le Chauve 3 .
4. On peut considérer comme fort utile pour une étude sur l'étendue du pagus Mosomensis, la charte de dotation de l'abbaye de Mouzon par Adalbéron, archevêque de Reims 4 . Ce document, qui est daté de mai 973, ne mentionne cependant pas le Mouzon nais, mais il est très-probable que les « quatre villages » (villae) donnés par l'archevêque à l'abbaye naissante en faisaient partie. En effet, l'église de Reims possédant à cette époque Mouzon, ainsi que le territoire de cette ville, les localités concédées au nouveau monastère dépendaient sans doute du castrum , de même qu'elles dépendirent plus tard du doyenné de Mouzon 5 .