‹ Études sur les pagi de la GauleChapitre 34 sur 85 · I. Acta sanetorvm, 1 1 d'octobre p · texte numérisé non relu

I. Acta sanetorvm, 1 1 d'octobre p

'2. Annales Berliniani, dans dom Bouquet, t. VU, p. 80.

3. Ibid., t. VII, p. 110. — Voir la partie du texte relative aux contrées dont nous nous occupons, plus haut, p. 35, note 4.

4. L'original de cette charte est conservé à la Bibliothèque nationale, collection de Champagne, tome 150, pièce I.

5. Le doyenné de Mouzon fut divisé, en 1761, en doyennés de Mouzon-

Ces quatre villages donnes par Adalbéron avec leurs territoires et leurs dépendances sont ainsi désignés: 1° Séria; 2° Odunt et Poirumnum, le tiers delà forêt nommée Doelez, la pêche de la rivière à' Odunt et ce cours d'eau jusqu'à la Meuse ; 3° Breveleiacum; 4° Romeliacum minorai Alleicurt, la pêche de la Meuse et du lac de Sorges l . — *Secia est aujourd'hui Cesse, Meuse, arr. de Montmédy, cant. de Stenay. Odunt est devenu Yoncq, nom qui, au siècle dernier, s'écrivait encore Yûn*\ ce village du cant. de Mouzon est arrosé parle * ruisseau d' Yoncq ■» affluent de la Meuse. Poirumnum, indiqué dans la charte comme annexe <V Odunt, se nomme aujourd'hui Pouron et, bien que situé à moins de quatre kilomètres d'Yoncq, fait partie de la commune d'Autrécourt (cant. de Mouzon). La forêt Doelez se retrouve dans le « bois d'Yoncq, » massif boisé "situé à l'ouest d'Yoncq et désigné par Cassini sous le nom de bois du Houé qui rappelle l'ancienne dénomination. Brévilly, commune du cant. de Mouzon, représente le Breveleiacum de 973. Romeliacum minor et Alleicurt sont aujourd'hui deux hameaux delà commune de Remilly-sur-Meuse (également du canton de Mouzon) : Remilly-le-Petit et Alhcourt 8 . — On peut voir une preuve de

Meuze et de Mouzon-Bar (Delahaut, Annales civiles ei religieuses d'Yvois- Carignan et de Mouzon, p. 295).

I. Voici la partie topographique de la charte d' Adalbéron: « Ego au- » tem videns exiguitatem paupertatemque loci, motus misericordia, ne » victus penuriam ultramodum paterentur fratres ibidem Deo et sanc- « tis ejus beatisque in ipso loco quiescentibus Victori et Arnulpho marty- •• ribus servientes, pro remedio anime mee et omnium successorum • meorum dedi ad illum locum 1111*' villas cum comitatu et banno et » districtione et integritate. Hoc est Seciam cum appenditiis suis, Odunt, <> cum Poirumno et omnibus appenditiis suis et terciampartemsilveque » dicitur Doelez et piscationem aque Odunt, et decursum ejus usque in » Mosam, et Breveleiacum cum appenditiis suis, Bomeliacum minorem » et Alleicurt et piscationem Mose et laci qui vocatur Sorges cum suis » pertinentiis. Super Mosellam, in villa quae dicitur Boserolis X » mansos, et in Castello II mansos cum comitatu et banno et districtione

■ » Nous ne tenons pas compte dans cette étude de Roserolae sur la

Moselle ni de Castellum, parce que, suivant l'allocution d' Adalbéron rapportée dans la Chronique de Mouzon (Spicilegium de d'Achery. t- II, p. 569), ceux de ces biens qui étaient éloignés de Mouzon provenaient de son patrimoine : on sait du reste qu'Adalbéron était lorrain.

i. Voir le pouillé du diocèse de Beims de 1777 (Varin, Archives adm. de la ville de Reims, t. II, p. 1088) et la carte de Cassini.

3. Nous nommons Autrécourt et Bemilly parce que les hameaux de Pouron, de Bemilly-le-Petit et d'Allicourt cités dans la charte de 973 dépendaient de ces paroisses.

l'exactitude de ces attributions dans la possession des autels de Cesse, d'Yoncq et de Brévilly, ainsi que des églises paroissiales d'Autrécourt et de Remilly par l'abbaye de Mouzon. La seigneurie de toutes les localités de la charte de 973 appartenait encore au siècle dernier au monastère fondé par Adalbéron *.

Les villages mentionnés dans ces textes, et qui sont au nombre de sept — Allécourt, Brévilly, Cesse, Douzy, Pouron, Rémillyle-Petit et Yoncq — étaient tous compris dans le doyenné de Mouzon. Les Annales de Saint-Bertin apportent un nouvel argument en faveur de la comparaison du pagus et du doyenné de Mouzon, en nous apprenant que le comté de Mouzon confinait alors à celui de Yoncq, comme plus tard le doyenné de Mouzon confina au doyenné d'Attigny qui paraît représenter le pagus Vongensis.

A l'ouest, le doyenné de Mouzon était limitrophe de celui de Mézières (pagus Castricensis), et il ne paraît pas probable que le pagus Mosomonsis ait pu s'étendre sur cette dernière circonscription ecclésiastique, car Donchery qui faisait partie dupagus Castricensis est une des paroisses les plus rapprochées du doyenné de Mouzon. A l'est, bien que son chef-lieu fût placé non loin de la limite de notre diocèse, le Mouzonnais ne s'étendait certainement pas sur le diocèse de Trêves ; en effet, la partie de cet évéché la plus voisine de Mouzon dépendait du pagus Evortiensis, dont le chef-lieu Ivoy, aujourd'hui Carignan, n'est situé qu'à sept kilomètres de Mouzon. Le territoire sur lequel s'exerçait l'action du doyen de Mouzon peut donc être envisagé comme l'ancien pagus Mosomeyisis.

Le chef-lieu du pagus Mosomensis, Mosomagus, ou Mosomum comme on écrivait à l'époque carolingienne, était vers la fin de l'empire romain le séjour de troupes désignées dans la Notice des dignités de l'empire romain sous le nom de Musmagenses 3 . Situé à l'extrémité de la civitas Remorum, vers les

1. Voir les pouillés du xrv siècle et de 1777 chez Varin, Archives adm. de la ville de Reims, t. II, p. 1085-1088.

2. Lo pouillé de 1777 indique les seigneurs des diverses localités du diocèse. D'après ce document la seigneurie de Pouron appartenait aux religieux tandis que celle d'Autrécourt était à l'abbé. La seigneurie de Cesse appartenait au prieur du lieu, mais on sait que ce prieuré dépendait de l'abbaye de Mouzon. L'abbé avait la seigneurie des autres villages désignés dans la charte.

3. Notilia dignilatum inpartibus occidenlis, ed. Buecking, p. 36.

évèchés de Tongres et de Trêves, son territoire fut, vers la fin du cinquième siècle, l'objet des prétentions de Foulques, èvêque de Tongres, qui, ainsi que le montre une lettre de saint Remy à ce prélat, y exerça les droits épiscopaux 1 ; mais, les réclamations énergiques de saint Remy conservèrent Mouzon au diocèse de Reims. Dès cette époque, dit-on, Mouzon et son territoire appartinrent au siège métropolitain de Reims par suite d'une donation de Clovis. Au commencement du x v siècle, l'archevêque Hervé (920- 920) fortifia la ville, reconstruisit son église qui était détruite, la dédia à la Vierge Marie, comme elle l'était auparavant, et y plaça les restes de saint Victor, qui avaient été trouvés non loin de ce castellum*. A la fin du douzième siècle, Mouzon faillit devenir le siège d'un évèchè démembré de celui de Reims ; car une bulle du pape Innocent III, en date du 5 mai 1119, autorisa Guillaume, archevêque de Reiras, à y établir un siège épiscopal ; mais Guillaume mourut trois ans après, sans avoir réalisé son projet, qui fut abandonné 3 . Les archevêques de Reims conservèrent la chàtellenie de Mouzon jusqu'en 1379, où Richard Picque la céda, avec la chàtellenie de Beaumont, au roi Charles V, en échange de Vailly-sur-Aisne et de ses dépendances.

Il est facile, grâce aux pouillés, de connaître l'étendue exacte du doyenné de Mouzon; mais il l'est moins de savoir quelle était l'étendue du ressort féodal de la même ville. Si nous nous en rapportons à un compte de la terre et revenue de la chastellenie de Mouson pour l'année 1514-1516 4 , le territoire de cette chàtellenie n'aurait compris sur la rive gauche de la Meuse que trois villages, Beaumont-en-Argonne, I^étanne et La Bezace, qui pourraient même être considérés comme étrangers à la chàtellenie de Mouzon, puisque l'acte d'échange de 1379 mentionne Beaumont en lui donnant, comme à Mouzon, la qualification de « chasteau 5 . » La chàtellenie de Mouzon proprement dite, située par conséquent sur la rive droite de la Meuse, aurait été composée uniquement de paroisses que le compte des décimes de 1346 dit être in Imperio, et ne représenterait évidemment qu'une partie

t. « Fas ergo fuit, ut iulicitis ordinationibus tuis a te credideris occu- » pandam loci Mosomagensis ecclesiam, quam métropolitain urbis Re- » morum, sub ope Christi, sua semperordinationerexerunt. »(Dom Bouquet, Recueil de» historiens des Gaules et de la France, t. IV, p. 53.

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