Jaffé-Wattenbach, Regesla Ponlificum Honianorum^ n
[99] ÉTUDES SUtt LES PÉNITENTIELS 29
des atténuations aux pénitences, sous la formule humanias dîcuntj et il a inséré un certain nombre de définitions empruntées aux Eiymologiae d'Isidore de Séville.
Ce recueil, présenté comme Toeuvre du pape Grégoire III, est certainement apocryphe. En effet, ainsi que Wasserschleben Ta montré ^ l'auteur a utilisé dans sa préface la lettre d'Ebbon à Halitgaire, placée eh tête du pénilentiel de Tévêque de Cambrai. Or cette lettre a été rédigée entre 817 et 830, tandis que le pontificat de Grégoire m remonte aux années 731-741. Ce ne peut donc être l'œuvre de Grégoire III ; il va de soi que ce n'est pas l'œuvre d'un de ses successeurs, qui n'eût pas emprunté le nom d'un pontife antérieur en date pour donner autorité à ses décisions. C'est donc une œuvre purement privée. J'ajoute que cette œuvré a exercé quelque influence en Italie et n'en a exercé que là. Le pénitentiel dit de Grégoire 111 a passé presque tout entier dans le livre IX, consacré à la pénitence, de la collection canonique du' Fa//crt/îW5 1349 ;ily est dépecé et mêlé à beaucoup d'autres textes pénitentiels, authentiques ou apocryphes. Il a aussi servi au rédacteur de la collection canonique en cinq livres du Vaticanus 1339, et a fourni ainsi des éléments aux nombreux recueils italiens qui en sont issus. Il y a donc lieu de croire que le pénitentiel du pseudo- Grégoire 111 est l'œuvre d'un clerc italien qui ne l'a certainement pas composé avant le milieu du ix* siècle. At-il été composé à Rome, nous n'oserions pas plun l'affirmer que le nier.
En tête de ses Canaries paenileniiales^ imprimés à Valence en 1583, Antoine Augustin a publié un recueil qu'il a a|>pelé Paenitenliale Homanum, Dans sa préface, il déclare qu'il n'y a pas à se méprendre sur la valeur de cet ouvrage. C'est, il n'y a pas à en douter, un recueil
de basse époque, où se rencontrent des textes de Grégoire VII, d'Urbain II et même de Galixte II et d'Innocent II. On y trouve aussi des textes canoniques ^ des fragments pseudo-isidoriens et d'autres apocryphes, des textes d'origine insulaire, des interrogations à l'usage des confesseurs. Quelques-uns des textes qui y sont insérés portent spécialement l'inscription Ex Paenitentiali Romano; la plupart de ces fragments, mais non tous, proviennent du livre VI d'Halitgaire 2. En tout cas cette inscription répétée en tête de divers chapitres prouve bien que, dans la pensée du compilateur, cette œuvre considérée dans son ensemble n'était pas un pénitentiel romain; c'est donc à tort qu'on lui a attribué et qu'on lui attribue rait encore cette qualité.
Arrivé au terme de cette série d'études, portant sur les pénitentiels que Mgr Schmitz a classés comme des pénitentiels romains et sur deux autres recueils en faveur desquels on pourrait, à première vue, formuler les mêmes prétentions, je crois devoir présenter en bref mes conclusions générales.
1. Le VallicelL /"" est, à mon avis, un recueil tiré des trois séries de textes (série canonique, série de Théodore et série de Cumméan) en usage dans l'Eglise franque dès
1. Des textes des conciles germaniques du ix® siècle, concile de Tribur et autres, y ont été insérés.