‹ Etudes sur les pères de l'égliseChapitre 8 sur 24 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

l’aiumsme.

L'Église triomphait. Portée avec Constautin sur le trône, elle semblait n’avoir plus rien à craindre; l’Eglise alors, cependant, faillit périr: sou péril lui vint d’elle-méme. Des entrailles du christianisme s’éleva une secte nouvelle qui, plus habile et plus dangereuse que toutes celles qui l’avaient précédée , mit eu question et fut sur le point d’anéantir l’orthodoxie catholique. L’hérésie avait été , dès les premiers temps, le constant danger de l’Église; toujours devinée et combattue par sa prévoyance, elle renaissait sans cesse sous une forme nouvelle. Le christianisme qui était le triomphe de la foi sur la raison n’avait pu , au sein même de l’Église, tellement la soumettre et la dompter cette raison, qu elle ne fût souvent tentée d’expliquer à sa manière les mystères chrétiens. Ainsi, les hérétiques du second siècle, ceux principalement qui sortaient du gnosticisme, interprétaient, nous le savons, dans un sens philosophique la divinité de Jésus- Christ, ne voyant en lui qu’un symbole , une figure. Ce fut du gnos-

ticisme encore que découla la nouvelle erreur, l’erreur d’Arius.

Arius naquit en Libye, ou, selon d’autres témoignages, à Alexandrie. Consacré, dans un âge assez avancé, au ministère chrétien, son éloquence, ses mœurs austères, toute la mortification empreinte sur son visage , lui attirèrent en peu de temps un grand respect et une grande autorité. Mais bientôt l’inquiétude de son esprit et son ambition se trahirent. Irrité de n’avoir pu succéder à l’évêque Achillas qui l’avait ordonné prêtre, Arius ne renferma plus en lui-même les nouvelles et dangereuses doctrines que déjà sans doute il avait répandues en secret.

Partant de l’idée que, hors Dieu, il ne peut y avoir que des créatures , Arius soutenait que le Verbe n’était pas Dieu : il n’était qu’une créature infinie, émanée de Dieu, avant que l’univers et les temps existassent; en un mot, Arius niait la consubstantialité , l’égalité du Père et du Fils, la divinité du Christ : il croyait qu’égaler à Dieu, même son Fils, c’était le rabaisser. Arius vit bientôt de nombreux disciples embrasser sa doctrine. A l’exemple de leur maître, dit Grégoire de Nazianze , ils réduisaient la divinité au Père seul, en dépouillant le Fils et le Saint-Esprit et ne leur conservant dans la Trinité qu’un titre purement honoraire. Ces opinions téméraires ne tardèrent pas à éveiller l’attention et à provoquer

les censures de l’Église. En 321, l'évêque d’Alexandrie excommunia Arius. Cet anathème, loin de l’abattre, sembla ranimer son audace ; il eut d’ailleurs pour lui un grand nombre d’évéques. Chef habile de parti et subtil théologien, Arius savait gagner la multitude aussi bien que les esprits plus éclairés. Pour populariser ses doctrines, il les mettait en refrains : il avait composé pour la foule, sous le titre de Tha/ie, des chants hérétiques.

Quand le dissentiment entre Arius et l’évêque d’Alexandrie éclata, Constantin crut d’abord pouvoir les réconcilier ; mais, désespérant ensuite d’y parvenir, il convoqua un concile, le concile de Nicée. Au jour marqué pour l’ouverture du eoncile, trois cent dix-huit évêques se réunirent dans une vaste salle disposée avec une grande magnificence. Au milieu de cette salle , s’élevait un trône sur lequel on plaça le livre des saintes Écritures. Constantin s’y rendit lui-même , vêtu de la pourpre, tout couvert d’or et de pierreries les plus précieuses, et accompagné, non de ses gardes ordinaires , mais de ceux de ses ministres qui étaient chrétiens.

La discussion s’ouvrit. Arius , assisté de ses défenseurs, exposa sa doctrine et ne chercha point à la déguiser : « Dieu, disait Arius, n’est point Père de toute éternité; il fut un temps où il ne l’était pas, où il a commencé à l’étre ; un

temps où le Fils n'était pas, où il l’est devenu, où lui-même a reçu l’èlre et a été tiré du néant. Le jour où Dieu voulut créer le monde, il commença par créer un Verbe , auquel il donna le nom de Fils , afin de créer les êtres par son intermédiaire. Deux sagesses en Dieu, l’une innée, l’autre produite ; l’une essentiellement inhérente à sa divinité, l’autre créée dans le temps, sous le nom de Fils. Donc , Jésus-Christ n’est point la vraie vertu de Dieu, mais une de ses vertus, comme quand l’Écriture l’appelle : Dieu des i>ertus. Le Fils de Dieu, comme tous les hommes, est, par sa nature, sujet au changement; il est muable. Capable, par son libre arbitre, du bien et du mal, il a préféré rester dans le bien ; et Dieu, à qui sa prescience a fait connaître ce choix, l’en a récompensé en lui donnant, par avance, et en vue des bonnes œuvres qu’il devait faire , la gloire que depuis il devait obtenir par sa vertu. « Le Fils, ajoutait Arius, « ne saurait voir et connaître parfaitement son père; il ne pouvait se connaître lui-même. » Arius, enfin, admettait un Dieu, un Verbe, mais différent de celui qui est en Jésus-Christ. « Le premier est de la propre substance du Père , sa propre sagesse , éternel comme lui; c’est en lui qu’il a fait le monde, et même le Verbe , qui est incarné en Jésus-Christ avec les autres créatures. » A ces paroles, que les évêques protecteurs d’ Arius entendirent sans

émotion , les évêques orthodoxes firent éclater leur indignation. Constantin, soit respect pour la liberté des discussions , soit juste défiance en des matières qui lui étaient peu familières, soit prudence politique, Constantin ne se déclara pas d’abord. L’éloquence d’un jeune diacre fixa ses irrésolutions : ce jeune prêtre, c’était Àtlianase.

Athanase naquit vers 296 de .lésus-Clirist. « La première éducation d’Athanase, nous dit Grégoire de Nazianze, fut dirigée vers la culture du cœur et de l’esprit ; mais les sciences profanes ne l’arrêtèrent que peu de temps. Les livres de l’Ancien Testament devinrent bientôt et restèrent sa lecture habituelle. » Initié de bonne heure à la cléricature, Athanase était diacre en 325, quand s’ouvrit le concile de Nicée : il en devint l ame. Far lui les subtilités furent déjouées; les restrictions repoussées ; on s’arrêta au terme de consubstantiel , comme le plus propre à exprimer l’unité absolue des personnes divines. Arius fut condamné au bannissement et relégué en Illyrie. Un édit de Constantin ordonna que ses écrits fussent brûlés, et punit de mort ceux qui seraient convaincus de les avoir cachés.

Cet exil fut de courte durée. Arius avait trouvé à la cour et dans la famille même de Constantin, des partisans et des appuis ; peut-être aussi, par les raisons que nous indiquerons plus bas, Constantin avait-il cru devoir balancer par le rappel

d’ Arias la victoire des orthodoxes, qu’il avait plutôt acceptée que provoquée? Quoi qu'il en soit, Arius rentrait triomphant. Il était arrivé à Constantinople suivi d'un parti nombreux, et il se livrait à la joie que lui donnait l’espérance d’être , le lendemain , reçu comme en triomphe dans la grande église de celte ville. Déjà, accompagné des siens, il était près de la place de Constantin, quand, saisi d’une soudaine faiblesse, il expira dans un lieu écarté.

L’hérésie perdait dans Arius son chef le plus hardi ; mais il lui restait un apôtre plus habile et qui, en la paraissant condamner, la protégeait et la devait faire triompher un moment.

Eusèbe de Nicomédie n’avait adopté qu’à grand’ peine le symbole de Nicée. Désirant donc réparer cette défaite, il demanda à Constantin et en obtint de tenir une assemblée à Tyr : c’était un moyen détourné d'affaiblir et peut-être de renier la foi de Nicée; mais Athanase veillait sur elle. Élu , quelque temps après le concile de Nicée, archevêque d’Alexandrie, de ce poste élevé il portait sur l’arianisme des regards attentifs et intrépides. Dans le péril nouveau que courait l’ortbodoxie, Athanase fut, comme à Nicée, plein de vigilance et de fermeté. Mais il fut vaincu par la ruse de ses ennemis qui parvinrent à le faire déposer, et qui profitant habilement des préventions dont Constantin n’avait pas su se

défendre contre Athanase, tirent reléguer à Trêves l’inflexible archevêque. Après deux ans d'exil, Athanase fut rappelé; mais de plus rudes épreuves l'attendaient à son retour.

Constance régnait: l’avénement de ce prince fut le triomphe de l’arianisme. Gouverné par les ariens, Constance se prononça ouvertement contre Athanase. Il le déclara déchu du siège d'Alexandrie, et lui donna pour successeur Grégoire de Cappadoce qui soutenu par le nom de l’empereur, s’empara de son église à main armée. Il fallut céder. Dans une lettre adressée aux évêques orthodoxes, Athanase a retracé avec une vivacité éloquente la lutte courageuse qu’il soutint contre Grégoire, appuyé par Philagre, préfet d’Égvpte.

Constance ne se contenta point d’avoir fait déposer Athanase; il bannit les évêques qui prenaient sa défense. Ces rigueurs n'étaient pas toutes dans l’intérêt que Constance portait à l’arianisme, l u autre motif, un motif politique s’y mêlait et les animait.

Le second fils de Constantin, Constans, était aussi zélé défenseur «le l’orthodoxie, que Constance le paraissait être de l'hérésie. Quand Athanase fut déposé , Constans écrivit en sa faveur et de la manière la plus pressante à l’empereur Constance, son frère. Ses prières étaient presque des menaces , des menaces de guerre ,

s’il ne rétablissait promptement Athanase sur son siège et ne punissait ses calomniateurs. La lettre de Constans nuisit sans doute plus à Atlianase auprès de Constance qu’elle ne le servit. D’autres et plus graves accusations vinrent encore compromettre Athanase dans l’esprit de Constance.

Un capitaine des gardes de l’empereur Constans, Magnenee, profitant de l’indolence de ce prince , avait revêtu la pourpre à Autun et avait battu Constans qui périt dans la fuite. Enhardi par ce premier succès, il proposa à Constance de le reconnaître pour empereur d’Occident. Les ennemis d’ Athanase l’accusèrent, auprès de Constance , d’avoir entretenu une correspondance avec l’audacieux prétendant.

Athanase repoussa avec chaleur les accusations portées contre lui. Celle noble protestation ne le fl put sauver : il succomba enfin sous les fureurs de l’arianisme et la colère de Constance. Obligé de fuir, il se retira dans une solitude profonde d’où il ne sortit que pour voler à de nouveaux combats. Cette fuite toutefois l’inquiétait , non pour lui-même , mais pour l’opinion qu’en pouvaient prendre les chrétiens; il crut donc en devoir justifier les motifs par une espèce de manifeste qu’il intitula : Apologie de la fuite. Ce ne sera pas son dernier exil ; nous le verrons reparaître sous Julien pour être de nouveau banni.

11 faut expliquer ces rigueurs de Constance.

Constance avait toutes les difficultés du règne de Constantin , et il n’en avait pas les avantages. Au point de vue politique, sa situation était critique et incertaine; les traditions de l’hérédité monarchique n’étaient pas tellement établies, que les souvenirs de l’élection et de ses sanglantes vicissitudes ne fussent présents à sa mémoire; de là le parti violent et atroce qu’il prit de faire périr tant de membres de sa famille (deux fils de son frère) pour assurer contre des ambitions domestiques, des rivalités de palais, sa couronne encore récente. Sa situation religieuse n’était pas meilleure. 11 subissait plutôt qu’il ne l'aimait la révolution faite par Constantin dans la religion de l’État. U redoutait plus les obstacles qu’elle opposait à son pouvoir, qu’il n'appréciait les garanties qu elle donnait à la sécurité du trône. L’arianisme lui devait donc plaire; car l’arianisme subordonnait l’Église au prince. Aussi pour l’établir, pour le faire triompher, Constance n’épargna-t-il ni menaces, ni séductions, ni fourberies, ni cruautés.

La position de Constance à l’égard de l’Église était moins favorable que n’avait été celle de Constantin. En adoptant le christianisme et en l’associant à l'empire, Constantin le prit en quelque sorte sous sa tutelle. Soumis aux évêques dans les matières de foi, il ne voulut, il est vrai,

être, comme il le disait, que l’évêque du dehors, mais les évêques lui rendaient en déférence ce qu’il leur laissait en autorité. Ils se faisaient un devoir de le consulter même sur les questions théologiques. Cette déférence que les évêques avaient eue pour Constantin, pour le premier prince chrétien , hommage en eux autant que reconnaissance , ils pouvaient ne l’avoir pas pour un autre prince. Le prince de son côté pouvait être tenté, et Constantin lui -même l’avait été quelquefois, d’empiéter sur le domaine de l’évêque : en un mot l’empereur pouvait se rappeler qu’il avait été pontife. IN’étaient-ce même pas le souvenir et la crainte d’un conflit possible, inévitable , quoique éloigné , qui avaient causé les hésitations de Constantin au concile de Nicée ? N’est-ce pas là le motif qui explique son soudain retour vers Arius et ses préventions contre Atlianase ? la raison secrète qui le portait vers ce parti moyen, le parti d’Eusèbe de Nicomédie, vers ces ariens déguisés , pour lesquels se déclare ouvertement Constance ? Les ariens en effet étaient un parti commode : ils plaçaient l’évêque audessous de l’empereur ; courtisans et ambitieux pour la plupart , ils étaient entre les mains du pouvoir un souple et spécieux instrument : avec eux l’empereur restait pontife en paraissant chrétien. C’était bien assurément ce qu’entrevoyait Constance. Mais si à cette transaction le

prince gagnait, la foi y perdait beaucoup; elle y perdait tout : sans la trinité d’Athanase , le christianisme n'était plus une religion , c’était une philosophie. Aussi ne peut-on trop admirer le génie de l’Eglise et sa merveilleuse prévoyance ; comprenant tout d’abord que la guerre que lui faisait Constance était une guerre à mort , elle ne se laissa ni tromper à ses feintes douceurs , ni vaincre à ses cruautés.

Nous n’avons considéré dans Athanase que le théologien ; il faut faire connaître l’écrivain. L’écrivain, c’est encore , c’est uniquement le théologien. Tous les écrits d’Athanase , un seul excepté, le discours contre les Grecs , se rapportent à l’unique pensée de sa vie et de son épiscopat, la défense de la foi et ses luttes contre 1 arianisme. Les principaux ouvrages du patriarche d’Alexandrie sont : Exposition de la foi; un savant commentaire sur ce texte : Personne ne commit qui est le Fils , que le Père ; ni quel est le Père , que le Fils; une Lettre aux évêques orthodoxes , tous ouvrages qui sous des titres différents forment une espèce de trilogie théologique qui a pour but la défense de la consubstantialité du Verbe, doctrine qu’Alhanase avait fait prévaloir au concile de Nicée. Viennent ensuite X Apologie contre les ariens , recueil divisé en deux parties, la première comprenant un grand nombre d'actes , mémoires, lettres syno-

dales ou particulières, toutes relatives à la persécution suscitée par le parti arien contre Athanase ; la seconde , présentant l’histoire de l’hérésie qu’elle prend à ses origines et suit dans ses progrès jusques et au delà du concile de Ni* cée; une Lettre encyclique aux évêques d'Egypte et de Libye , ou Premier discours contre les ariens , ou bien encore Préservatif adressé aux évêques contre les formules de foi captieuses que les ariens ne cessaient de publier, ouvrage qui se rattache surtout au concile de Tyr ; X Histoire de l’arianisme ; Athanase l’accuse ici ouvertement ; il lui reproche ses fourberies et ses artifices, ses sanguinaires exécutions, et dénonce la facilité avec laquelle Constance se prête à tous ses complots. Ces différents traités contre la doctrine d’Arius si nombreux et si complets qu’ils paraissent, ne sont pourtant à proprement parler qu’une introduction historique à un ouvrage exclusivement théologique, que sous ce titre : De l’arianisme , saint Athanase a consacré à la réfutation de cette hérésie. 11 faut enfin citer dans les œuvres d’Athanase les Discours contre les ariens; ces discours qui sont au nombre de quatre, de cinq dans certaines éditions, ne forment en réalité qu’un seul et même ouvrage divisé en quatre livres.

Quelques traités tout en se rattachant encore à l’arianisme se rapportent plus particulière-

ment à la vie du patriarche d’Alexandrie et aux luttes personnelles qu’il eut à soutenir. En première ligne, il faut placer l 'Apologie à T empereur Constance , dans laquelle se justifiant des accusations portées contre lui il se défend surtout d’avoir entretenu correspondance avec Magnence, retrace la persécution exercée contre lui par le duc syrien et semble, précurseur de saint Ambroise , lui donner le ton de cette éloquence simple, vive, avec laquelle celui-ci a retracé les combats qu’il eut aussi à soutenir contre les ariens. Vient ensuite X Apologie de sa fuite , complément du précédent écrit , mais qui s’adresse particulièrement aux ariens et non à l’empereur.

Atbanase est une des plus grandes et des plus belles figures de l’Église grecque. 11 présente à un même degré, à un degré suprême, la réunion si rare du caractère et du génie , de l’activité et de la réflexion. Ses paroles et ses actions offrent une admirable harmonie. Hardi sans être téméraire , inflexible sans entêtement , d’une science profonde et d’une habileté consommée dans les affaires, jamais ni ses doctrines ni sa prudence ne se trouvent en défaut. Il sait, alors même qu il résiste, s’arrêter à cette limite où la fermeté deviendrait révolte. Bien qu’avec cette vivacité particulière au génie grec, il se hasarde dans toutes les subtilités de la dialec-

tique, dans les discussions les plus pi ofondes de la théologie, il ne s’y égare jamais. L’Eglise grecque aura de plus brillants orateurs, elle ne compte point de défenseur plus habile de la foi, de docteur plus animé, plus net et plus précis. Argumentation vive, pressante, nerveuse; rapidité de mouvements, vigueur de raisonnement, adresse à saisir le vrai point de la question, promptitude à la résoudre, concision sans sécheresse , profondeur sans obscurité , la sobriété enfin dans l’abondance, la force en tout et la mesure, telles sont les qualités d’Athanase ; un de ces hommes en qui , selon la belle expression de Grégoire de Nazianze , « la Providence prend de loin la mesure de ses grands ouvrages. »

L’œuvre d’Athanase, la défaite de l’arianisme, est un de ces grands ouvrages de la Providence : cette défaite a plus fait pour le christianisme que la conversion de Constantin : le vrai Constantin , ce fut Alhanase,

Le génie différent de la Grèce et de Rome se marque bien dans Athanasc et dans saint Hilaire. Semblables tous deux dans leur invincible attachement à la foi de Nicée , ils attaquent l’arianisme avec des armes bien différentes. Alhanase se prête, pour la mieux réfuter, à toutes les subtilités où l’hérésie veut le conduire. Hilaire n’y cède point. Il lui oppose l’Évangile et la tradition : il affirme , et ne discute pas. D’un courage

égal pour lutter contre la puissance temporelle, Hilaire avec plus de fermeté simple, Athanase avec une plus habile hardiesse , ils accomplissent l’un et l’autre , avec le même bonheur pour l’Église , sur un théâtre différent , une tâche également périlleuse et délicate. Athanase est le guide de l’Orient : Hilaire, le chef de l’Occident. « Ces deux évêques, dit Bossuet, furent égaux en gloire comme ils l’étaient en courage. »

Page 1