LES MAISONS D EDUCATION CHRETIENNE
pîôme de bachelier, il prépare par-devers lui cet examen sous la direction des maîtres de la maison.
Les candidats à la licence suivent près de la Faculté des lettres les cours principaux et les conférences : ils font régulièrement les sujets donnés, soumettent leurs compositions à la correction et préparent les parties d'auteurs expliquées par le professeur. A la Maison ils trouvent des conseils et des leçons régulières.
Les étudiants destinés aux sciences ont habituellement à prendre le grade de bachelier. Ils profitent pour leur préparation des cours faits à la Maison pour les élèves de l'école préparatoire. Ils ont ainsi les cours et les explications générales : les interrogations nécessaires et les exercices de problèmes se font sous la direction particulière du professeur. La seconde année, ils suivent un cours de mathématiques spéciales fait exclusivement pour eux par les professeurs de la Maison. Ceux qui se destinent aux sciences physiques commencent en même temps, cette deuxième année, à suivre quelques-uns des cours de la Faculté.
Le temps normal de séjour à l'école est de deux ans. Les élèves de lettres peuvent, dans cet intervalle, préparer sérieusement leur examen de licence et obtiennent le diplôme avant de sortir. Les élèves de sciences n'ont terminé qu'une partie de leurs études." Les uns et les autres sont alors nommés professeurs ; mais dans le poste qu'on leur assigne, il est tenu grand compte de leur situation respective. S'ils ont un examen à préparer, on leur donne peu de classes, et ils sont d'autant moins chargés qu'ils ont plus à faire pour leurs études personnelles. S'ils ont besoin encore d'assister régulièrement aux cours de la Faculté (et c'est le cas pour les sciences), ils sont placés dans un établissement de Nancy même, et ils ont, avec le temps convenable pour leur travail, la facilité de suivre les conférences ou cours nécessaires. Tant qu'ils n'ont pas subi leur dernier examen, ils restent, relativement à leurs éludes personnelles, sous l'autorité du directeur de l'Ecole, et doivent concerter avec lui leur programme d'étude.
A l'intérieur de la Maison, ils sont soumis à un règlement général calqué sur celui du séminaire et qui assure la solitude et le recueillement nécessaires aux études et à la prière. Ils jouissent néanmoins d'une certaine latitude : ils peuvent faire une promenade au dehors tous les jours pendant la récréation qui suit le diner,et il leur est loisible de sortir toute l'après-midi du jeudi et une partie de l'après-midi du dimanche.
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Ils prennent leurs repas en commun avec les professeurs, et ils ont dans la Maison le titre et l'autorité de maîtres auxiliaires.
On leur assigne certaines petites surveillances pour juger de leurs aptitudes et pour les exercer, sans danger, aux différentes fonctions du professorat. Ils reçoivent le traitement des professeurs non prêtres. Leur pension est payée par l'évêché à la Maison des étudiants : les fonds sont pris en partie dans une caisse entretenue par les différents établissements d'instruction pour les besoins généraux de l'enseignement diocésain.
L'Ecole a déjà fourni un nombre assez grand de licenciés es lettres, et Nancy est le seul diocèse (à l'exception de Paris) où le clergé ait pu former lui-même ses sujets jusqu'à la licence es sciences soit mathématiques soit physiques. Aujourd'hui que les principales chaires des maisons diocésaines sont pourvues de professeurs licenciés, on pourra préparer directement quelques sujets à l'enseignement des matières spéciales, histoire, géographie, langues, etc.
L'Ecole ecclésiastique des Hautes-Etudes reçoit des étudiants appartenant à d'autres diocèses, lorsqu'ils remplissent les conditions imposées aux clercs du diocèse de Nancy. Plusieurs déjà sont venus s'y préparer aux fonctions de l'enseignement. Enfin des bourses, soit perpétuelles soit momentanées, peuvent être fondées par des particuliers, en faveur d'un sujet déterminé ou dans d'autres conditions exceptionnelles. Dans tous ces cas, les frais de pension et de traitement sont à la charge des donateurs.
PoNT-A-MoussoN évcille aussi de grands souvenirs, ceux-là tout classiques, tout d'instruction. Qui n'a entendu parler de l'Université de Pont-à-Mousson, de sa faculté des arts et de théologie, qui rappelle les grands noms de Maldonat et du cardinal de Lorraine, et de sa faculté de droit qui rappelle les noms de l'écossais William Barclay, de Guillaume Barclay, du doyen Pierre Grégoire de Toulouse; cette université dont les cours étaient suivis par des étudiants de toute condition et de toute nation dont la foule émerveillait les contemporains? Les débuts, l'organisation et les vicissitudes de V Académie Mussipontane ont été dignement racontés et jugés par un professeur, M. l'abbé Charles Hyver (1),
(1) Voir Maldonat et les commencements de VUniversilé de Pont-à-Mousson J572-1ÎJ82), avec pièces justificatives; et le Doyen Pierre-Grégoire de Toulouse et l'organisalion de la Faculté de droit à l'Université de Pont-à-Mousson (,io8îi-lb97),
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qui honore le petit séminaire de Pont-à-Mousson où il enseigne, et le diocèse auquel il appartient, et serait distingué partout.
Le petit séminaire de Pont-à-Mousson n'occupe pas les bâtiments de l'ancienne Université, convertis, hélas! en usine. Il est installé, tout près, dans une ancienne abbaye de Prémontrés bâtie sur le bord de la Moselle, dont les eaux bleues viennent battre les murs de l'ancien couvent, et en face des plus pittoresques coteaux de cette vallée, une des plus belles, des plus douces, des plus riantes du monde. Peu de maisons d'éducation jouissent d'un tel site et de pareils bâtiments. Les possesseurs de ce magnifique domaine ont droit d'en être fiers, et c'est bien avec raison que le supérieur de Pont-à-Mousson, M. l'abbé Gombervaux, disait à ses élèves, dans son discours de distribution des prix de 1874, en leur parlant des avantages de leur condition :
c( Heureux êtes-vous d'habiter une demeure où tous les arts semblent s'être donné rendez-vous, où l'œil ébloui se promène d'enchantements en enchantements, où l'âme ravie hésite en présence des merveilles, ne sachant ce qu'elle doit le plus admirer, de la majesté de l'ensemble ou de la perfection des détails ; de. l'immensité de vos cloitres sévères ou de l'inconcevable hardiesse, de l'ampleur vraiment royale de vos splendides escaliers; de la beauté de vos salles où la sculpture étale ses richesses â profusion, ou de la fraîcheur de vos ombrages dans ces grandes cours où de si larges espaces sont abandonnés à l'activité de vos jeux. Quand transporté déjà, enthousiasmé par tant et de si ravissantes beautés, l'étranger a pénétré enfin dans cette Bibliothèque incomparable où, maintenant réunis, vous attendez avec une fiévreuse impatience la récompense de vos travaux, que de fois ne l'ai-je pas vu s'arrêter comme stupéfait en présence de ce monde de merveilles; de sa poitrine s'éenappait un cri d'admiration qui, résumant toutes ses émotions, semblait dire : Mais c'est donc ici le palais de l'éducation !
c( Ce palais, le temps et les hommes y avaient accumulé les ravages; mais, neuf ans passés déjà, le signal de la restauration a été donné, et chaque jour voit les dégradations qui attristaient
par Tabbé Charles Hyver, membre correspondant de l'Académie de Stanislas et de l'Académie de Mttz, de la Société philomalbique de Verdun, de la Société française de numismatique et d'archéologie de Paris, etc.
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le regard faire place à des beautés que ne désavouerait pas le génie des enfants de S. Norbert. »
La jeunesse qui compose la dernière grande maison d'éducation du diocèse de Nancy, FInstitution du bienheureux Fourier, à Lunéville, n'est pas aussi magnifiquement abritée. Les étrangers vont admirer le château privilégié des derniers ducs de Lorraine, ce Versailles en petit d'un modeste roi qui ne venait à Nancy que dans des circonstances assez rares, quand, par exemple, il voulait assister à une séance de son Académie. L'Instution du bienheureux Fourier, récemment fondée par un digne chanoine de Nancy, ne leur offrirait rien de grandiose. M. l'abbé Trouiller, alors curé de la paroisse Saint-Maur, le créateur de tant d'œuvres, le constructeur de la magnifique église de Saint- Epvre, à ^'ancy, n'avait pas prévu la merveilleuse prospérité de cette maison, dont il faudra reculer bien loin l'enceinte pour correspondre à la flatteuse confiance des familles (1).
Sous la direction suprême d'un esprit aubsi ferme que Mgr FouloD, toutes c^s maisons d'éducation doivent être dirigées par les mêmes principes, et présenter le même caractère dans tout ce qu'il y a d'essentiel et de fondam.eutal.
Nous avons dit ce qu'est le petit séminaire de Paris et ce qu'est celui de la Chapelle Saint-Mesmin. C'est avoir fait connaître à l'avance la Malgrange, Saiat-Léopold, la Maison des Etudiants de Nancy, Pont-à-Mousson et Lunéville.
Ici, comme là, c'est la parfaite mise en pratique des idées de l'illustre auteur de la Eaute Education intellectuelle. Même respect des traditions éprouvées, même défiance contre les innovations téméraires, les surcharges imprudentes et les bouleversements dangereux; même fermeté de discipline, et même paternité dans tous les rapports des maitres avec les élèves, même esprit chrétien;, et même esprit patriotique.
Les épreuves par lesquelles nous avons passé, les nécessités du présent et celles de l'avenir commandent à tous de viser à faire mieux qu'auparavant, quand même on faisait déjà très-bien. Nous
(1) Voir page 197.