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AU DRAPEAU BLEU DE L'ASSOMPTION

s A l'Assomption on porte avec fierté dans toutes les circonstance

solennelles un ample drapeau aux couleurs de la sainte Vierge. 11 remonte aux années de la fondation. A la hampe flotte une cravate aux couleurs pontificales. C'est un honneur réservé aux élèves de philosophie (Je porter ce vieil étendard, que plus d'un ancien a baisé avec aiTiour et en pleurant, avant de quitter la maison, comme le symbole sacré des plus chers souvenirs de son éducation. C'est en le tenant à la main et déployé qu'à la fête du T. R. P. Emmanuel d'Alzon, en 1866, un ancien élève chanta ces vers :

« De notre Assomption, ô noble et pur symbole^ Beau drapeau bleu! que j'aime a voir tes plis mouvants Dans l'azur d'un beau ce! flotter au gré des vents, Et parler a nos cœurs l'éloquente parole Des souvenirs les plus touchants!

Dans le ca'me aussi bien qu'au milieu des alarmes, Toujours immaculé nous l'avons vu flotter, El la joie el le deuil, et le rire el les larmes Tour à lour près de toi sont venus s'abriter.

Que de fières aimés ont grandi sous Ion ombre ! Combien, avec bonheur, l'ont serré dans leur main! Pour combien n'as-tu pas, dans la nuit triste et sombre, Brillé comme une étoile au milieu du chemin!

Je t'aime, ô mon drapeau, car c'est toi qui nous guides

Dans l'étroit sentier vers le ciel; 0 fier représentant de ces vertus solides

Que nous enseigne Emmanuel !

Mon cœur a tressailli d'un bonhaur sans mélange, Avec amour sur toi se sont fixés meg yeux. Drapeau qu'ont salué les doux regards d'un ange (1), Alors qu'il nous quittait pour s'élancer aux cieux!

(1) Charles Barnouin, élève de l'Assomption, mort en o leur de sainteté, emporté par une maladie de cœur daos la nuit du 6 au 7 juin 1806. La veille, il avait voulu aller, malgré sa faiblesse, voir passer la procession du très-saint Sacrement, et il s'était écrié, eu apercevant le drapeau de l'Assoraption : «Sa vue me fait du bien ! »

272 LES PÈRES AUGUSTINS DE l' ASSOMPTION.

En contemplant rc'toffe glorieuse Que le temps a fanée et qu'il n'a pu salir, Et la Vierge au-dessus, riante et gracieuse,

Les bras levés comme pour nous bénir, Notre cœur n'a-t-il pas de ces élans de joie, De ces élans d'amour et de beau dévoûment, Qu'au fond du cœur toujours un yrai chrétien ressent

Quand son drapeau dans les airs se déploie?

L'enfer a bien le sien! Ses bataillons nombreux Suivent au grand soleil la bête et son image; Peuples, rois, a l'envi viennent lui rendre hommage Et chantent son triomphe en des hymnes affreux; De mensonge et d'orgueil, cette idole perfide

Enivre ses adorateurs; Mais au banquet, demain, leur place sera vide, Demain seront muets ces brillants orateurs.

Sous notre drapeau bleu, marchons, c'est notre gloire! Avec acharnement il sera combattu :

Mais ce drapeau, c'est la victoire!

Planté sur un rocher par la vague battu,

On verra la vague soumise

Comme le siècle s'écouler :

Car ce rocher, c'est le rocher qui brise

Ceux qui tentent de l'ébranler,

C'est le dur rocher de l'Église.

0 Pierre, 'a qui le Christ promit l'éternité. Colonne de granit qui domines le monde. Laisse gronder la foule et sa clameur Immonde,

0 doux phare de vérité !

Nous, tes fils dévoués, défenseurs de l'Église, Sur ce drapeau, comme sur notre cœur.

Des preux du moyen âge empruntant la devise. Nous mettrons : « Le Christ vit, il règoe, il est vainqueur ! »

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