‹ Études sur les principaux philosophes, rédigées confermément aux programmes officials du 31 mai 1902, à l'usage de la classe de philosophie et des candidats au baccalauréatChapitre 101 sur 285 · Exnat tvr ta àlét/tffkysiquef t. II, p. S31-S · texte numérisé non relu

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STOÏCISME. ilO

morale pratique. Eq ce qui concerne le problème du souverain bien, il admettait indifTéremment les solutions desStoîcieiis, des Péripatéticiens et des Académiciens.JSeul Épicure avait tort, et il combattit toujours sa doctrine. Mais Platon, Aristote et Zenon enseignent à peu près les mômes vérités, quoique en termes différents. Les deux premiers disent que la vertu est le plus grand des biens : Zenon ne fait qu'enchérir sur eux, en disant qu'elle est le seul bien. Les conséquences ne sont-^lles pas les mômes? C*est toujours la vertu qu*il faut préférer aux autres choses. Seulement ces dernières, pour les uns, sont encore des biens, quoique inférieurs, tandis que les Stoïciens ne veulent pas que santé, riche>se et gloire soient appelées de ce nom. Ils avouent cependant qu*elles valent mieux, même pour le sage, que leur contraire, la maladie, la pauvreté, le mépris public. Cicéron n*en demande point davantage, et, profitant de cet aveu, il rapproche Tun de l'autre Stoïcisme et Péripatétisme. C'est pourquoi il dédie sans scrupule le De officiis, un livre stoïcien, à son fils Harcus qui suivait à Athènes les leçons du Péripatélîcien Cratippe. « Je veux que tu connaisses, lui dit-il, un pays qui confine au nôtre, finitima vestris. Et encore : tu liras mon ouvrage, qui ne diffère pas beaucoup de ce que l'on t'enseigne là-bas, non muUum a peripateticis dmidenlia ^ » Qu'on ne lui reproche pas, cependant, comme une contradiction, d'être à demi sceptique en métaphysique, sauf à redevenir afOrmatif et décisif dans les choses morales. Luimême répond qu*il n*a jamais admis le scepticisme absolu d'un Pyrrhon, doctrine ridicule, dit-il, et qui ne permettrait pas, en effet, de préférer une chose à aucune autre, puisque toutes deviennent également incertaines. Or cette indécision et cette inconsistance absolue dans les idées ne lui répugne pas moins que la présomption arrogante de ceux qui affirment ou nient catégoriquement. Une dira donc pas que telle chose est certaine, telle autre non; mais qu'elle est probable, ou qu*elle ne l'est pas. Et rien ne Tempêche d'admettre ce qui lui semble probable; il doit même le faire,

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