Ae o/r. Jtv. I, c. UetlS
1 Deoff.,m. I, c. I6,17etl8*
9. Conmye. — La troisième vertu est le courage ou la grandeur d*âine, forlitttdo, magnitudo animi. C*est de beaucoup la plus éclatante, et Cicéron la revendique avec orgueil pour le peuple romain. C'est aussi la vertu stoïcienne par excellence. Cependant elle n*est véritablement une vertu que si elle reste aux ordres de la justice; sinon elle rappelle la brutalité des bêtes, et devient, cbez Thomme, un vice*.
Cicéron distingue le courage en quelque sorte passif du philosophe et celui de Thomme d*action. Mépriser tous les biens du dehors et ne s'attacher qu*à ce qui est honnête et beau, cela sans doute est courageux. Hais ne Tcst-il pas davantage de ne pas reculer devant les grandes entreprises, et de se rendre utile à tous? Une vie studieuse et retirée est plus facile et plus sûre que celle du politique qui se mêle à toutes les affaires de son pays; et il a plus de mérite, s*il sait Y conserver néanmoins la tranquillité d'âme et la dignité qui sied au sage*.
Cicéron distingue encore deux sortes de courage, mêm»» chez rhomme d'action : le courage militaire et le courage civil. Ce qui se décide an conseil n'a pas moins d'importance que ce qu'on fait sur les champs de bataille, et dure plus longtemps parfois. Athènes doit plus à Solon qu'à Thémistocle, et Sparte à Lycurgue qu'à Pausanias ou Lysandre. Home elle-même, que ne doit-elle pas au consulat de Cicéron? D'ailleurs le courage militaire suppose ce qui est le propre du courage civil : pleine possession de soi, prudence, force d'âme plutôt que force du corps. Faute de quoi, il le répète, ce n'est que brutalité».
Mais le courage le plus diflicile de tous pour un homme di* cœur est celui qui consiste à s'oublier scu-même, pour mieux servir son pays. Beaucoup sont prêts à tout donner, et leur fortune et leur vie, qui ne sacrifieraient rien de leur gloire. Il le faut cependant parfois, et là se montre le mieux la vraie grandeur d'âme, celle de Fabius Cuuctator,
1 De off., liv. I, c. 18 cl 19.