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par exemple, qui risque sa popularité et môme son honneur île soldat, dans la guerre contre ÂnnibaP.
Cicéron conclut en disant que, s'il est d'une grande âme dôjà, magni animi, de savoir vivre de peu^ loin des affaires et des hommes, et tout entier à l'étude, il est d'une âme 1res grande, maximi animl, de prétendre eu outre au gouverna ment de son pays, parce que le bien qu*on accomplit alors se fait sentir, pour ainsi dire, plus au large. Mais il voudrait qu'à toutes les qualités de l'homme politique on joignit celles de l'honnête homme*.
8. Bienséance. — La quatrième vertu est ce qu'il nppelle vei^ecundia, ou bien encore temperantiay modestia. ou bien décorum^ en grec t^ irpiTtov. Elle sert surlout h l'ornrment de la vie, et c'est moins une vertu particulière que, si l'on peut dire, la teinte générale de toutes nos vertus. De même qu'à la bonne santé du corps s'ajoutent parfois la grâce et la beauté, de même la i^ertu de l'âme doit se parer d'une certaine bienséance, qui est la juste mesure en tout^
Or celte bienséance ou convenance est de plusieurs sortes. Chacun de nous, en effet, n'a pas moins de quatre personnages à jouer dans la vie. Le premier est le môme poJir tous les hommes : c'est celui que la nature leur a doimé en leur donnant la raison, klais ce fond commun s'enrichit d'aptitudes particulières qui expliquent la diversité des esprits : chacun a son caractère propre, qu'il ne doit point forcer, ni changer, si ce n'est en mieux. En outre, le hasard ou la fortune nous fait naître riches ou pauvres, dans une grande famille ou chez de petites gens. Enfin nous-mêmes nous choisissons plus tard, après réflexion, la carrière que nous voulons parcourir. Mais, dans toutes ces choses, il faut toujours garder le ton qui convient. Un bon acteur le fait bien sur la scène : le sage ne saurait-il le faire dans la vie? C'est une règle d'esthétique encore plus que de morale. Du moins la morale elle-même cède parfois devant certaines exigences du rôle à jouer. Âinsi^ après la prise d'Ulique,