‹ Études sur les principaux philosophes, rédigées confermément aux programmes officials du 31 mai 1902, à l'usage de la classe de philosophie et des candidats au baccalauréatChapitre 113 sur 285 · De off., W 1. r · texte numérisé non relu

De off., W 1. r

CatOQ» plutôt que de se rendre à César, a dû sctuer;c*eûtété un crime pour tout autre que lui; mais il fallait qu'il restât jusqu'au bout fidèle à lui-même, par une sorte de nécessité scènique^

Gicéron ajoute des prescriptions qui regardent la civilité autant que Thonnêteté. Il donne des régies pour la conversation, pour les manières qui font un homme de bonne compagnie, et même pour la tenue d'une grande maison. Toutes ces choses, à vrai dire, ne rentrent pas moins dans la prudence, pmdenlia, que dans la bienséance. Et la définition que les Stoïciens donnent de cette vertu convient également aux deux : la science de ne faire et de ne dire que ce qu'il faut et qu*en son lieu, scientia earum rerum quœ agentur aut dicentur bco suo collocandariim. Mais la bienséance est quelque chose de plus : elle donne à notre attitude, en toute occasion, une noble aisance et comme un air de liberté, bien propre à nous concilier, avec l'approbation des hommes, leur affection '.

Ainsi dans les quatre vertus et les devoirs propres à chacune, Cicéron vérifie la défmition stoïcienne du xa6r,xov, ce dont on peut rendre raison, si l'on ose dire, devant la raison. Les actions humaines prennent un caractère particulier, qui les distingue des actions analogues chez les . bêtes : elles deviennent raisonnables. Quelque chose de sérieux et d'aimable à la fois se répand sur toute notre conduite, ou plutôt en fait comme le fond même, et apparaît jusque dans nos jeux et nos actes les plus indifférents.

9, Conflit de devoirs. — Heste une dernière question, que Cicéron reproche à Panétius d'avoir omise. De toutes ces vertus avec les devoirs qui s'y rapportent, lorsqu'il y a conflit, laquelle doit-on préférer? Celle qui répond le mieux à nofre nature. Car c'est toujours la nature qu'il faut prendre pour guide. Or rien ne louche davantage un homme iue la vie ou l'intérêt d'un autre houune. Les devoirs qui regardent la société seront donc prérércs à tous les autres.

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Cicéron semble toujours craindre qu'on ne mette la spéculation au-dessus de la pratique. Mais une science qui ne tend pas à Taction n'est qu'une science incomplète, et qui s arrête à mi-chemin. Il n'admet pas qu'un homme travaille tout seul et sans but, et ne fasse servir à rien ses connaissances. On n'étudie, on ne s'instruit que pour agir ensuite avec plus de sagesse, et cela vaut mieux que la pensée pure, fût-elle aussi la plus sage du monde. Mais les philosophes euxmêmes travaillent pour le genre humain, et ne songent qu'à lui dans leurs méditations solitaires. Encore abandonnentils celles-ci bien vite, pour courir à la défense du pays, ou même d'un parent, d'un ami en danger. Preuve manifeste qu'auprès de ces intérêts si chers, tout le reste semble peu de chose*.

Cicéron lui-m«*me n'aurait pas dérobé aux affaires publiques la moindre partie de son temps, pour le donner à la philosophie. Et s'il s'est mis un jour à [diilosopher, c*est que le triomphe de César éloignait du gouvernement les hommes politiques. U ne médite et n'écrit que faute d'une occupation plus utile à ses conciluyens. )lais si la république était libre encore, on ne le verrait pas employer son temps de la sorte. Toutefois il ne croit pas abandonner entièrement la vie active; car il espère c.core avoir quelque action sur les âmes. C'est pour cela qu'il garde jusque dans ses ouvrages philosophiques, la forme oratoire. L'éloquence, dit-il, pourvu qu'elle soit mise au service de la sagesse, vaut mieux que la pensée la plus profonde, ruais qui ne sait pas s'exprimer éloquemment. A cette condition, philosopher, pour lui, c'était encore plaider ou hanuiguer, c'était encore agir*.

Aussi, ce qu'il goûte le plus (ians les doctrines péripatéticienne et surtout stoïcienne, c'est d'abord l'excellence ou la dignité reconnue à la nature humaine, qu'on élève si fort au-dessus des animaux. La nior.ih; tout «'iiliôie iwcc le jlevoir résulte de celle-là, et, pour Cicéion, la morale, c'est toute

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