De off., liv. I, c. 43, 44 et
% Ai 9ff,, liv. 11, G. t } llT. 1, c. 44 «l tf.
la philosophie; il ne comprend pas qu'on ose se dire philosophe si Ton ne fait de celle question la première de toutes. En outre, le dogme du genre humain ne formant qu'une seule communauté, grâce A la raison, avait de quoi séduire une âme généreuse, et même un cœur de patriote, car Rome se confondait alors avec tout Tunivers. Aux cités antiques, toujours en guerre les unes avec les autres, les Stoïciens avaient opposé la cité universelle, qui comprend tous les hommes et les dieux avec eux. Cité de Jupiter, disait Zenon. C'est la même que saint Augustin appellera plus tard la Cité de Dieu, et pius lard encore Leibniz le règne de la'giâce. Ce dernier n'y voulait pas voir seulement un État, où tout est soumis à des lois communes, mais plutôt une véritable famille. Dieu est â l'égard des hommes « ce qu'un prince est à ses sujets, et même un père à ses entants ». Les Stoïciens avaient eu déjà c-^tte conception si belle, où tous sont unis par un muluel amour*. Cicéron en fut naturellement charmé; et, tout entier à ce dogme qui lui était cher, il négli-jeail volontiers les parties plus élevées du systémo, et la théorie pure. Une doctrine qui prend ainsi en main les intérêts de l'humanité, qui convie tous les hommes à s'enlr'aider et s'entr'aimer; qui les attache les uns aux autriS aussi fortement que les parties d'un même tout, sera toujours bien vue d'un philosophe qui est h la fois un homme d'État, parce qu'alors l'objet de la philosophie se confond, en effet, avec celui de la politique la plus sage*.
§111. — SÉNÈQIE (Lettret à Lucilius).
1. Sa vie. — Avec Cicéron, la vertu stoïque s'était humanisée : grâce à rinfluence des Péripatéliciens, elle devient douce et trailable, s'accommode des devoirs sociaux et même mondains, ne gardant qu'un peu plus de fennelé sur le principe fondamental. Avec Sénèque et Épictète, elle reprend