Epist XI, XV, XVI, etc
4. Die vita beata, c. un : « Sancta Epi eu mm et recta praclpere, et, si propitu accesseris, trUtia; roluptas enim il la ad parvum et exile reTocatur. ■ M. Marlha a écrit aussi dans la Morale de Lucrèce un dernier chapitre intitulé : Tristeue du eystéme.-- Cestdans ce même chapitre xm que Sénèque appelle Épicure un homme courageux qui s'est babillé en femme, ffir forliê êtolam indutuê.
sans avoir, comme lui, pour se fortifier, une doctrine qui élève véritablement Tûme?
C'est que le stoïcisme, tel que Sénèque le comprend, esl une véritable doctrine d'ascète. Il prétend réformer la vie intt'Ticure d'abord, celle de Tànie, plutôt que de régler nos rapports avec les autres hommes. Tandis que Cicéron écrivait le traité des Devoirs pour son fils Marcus, qu'il voulait préparer à la vie publique, et ne croyait pouvoir mieux foire que de lui enseigner un stoïcisme tempéré par la morale d'Arislote, Séjicque s'adresse à Lucilius, un homme déjà mîir, qui avait été longtemps chargé, comme procurateur, des (louanes et des domaines en Sicile, et ne songe qu'à le détacher des honneurs et des affaires. 11 lui conseille de se retirer jieu à peu de la fréquentation des liommes, où il est si diflicile de rester honnête. Il lui vante l'utilité de la solitude, pour lire et méditer, la nécessité des privations au sein de l'opulence, afin de ne pas être surpris le jour où un décret de confiscation vient vous la ravir: il l'engage à songer tous les joui*s à la mort, afin de rester calme dans le cas où l'on reçoit l'ordre de mourir. 11 ne s'agit plus de former de bons citoyens pour une vie active, comme le veut l'intérêt d'un État libre; mais de fortifier lame contre toutes les adversités qui peuvent survenir, sous le règne d'un Néron, et, au milieu de la servilité générale, d'assurer au moins (ihez quelques-uns l'indépendance du caractère. Aussi la morale d'Aristote, où les devoirs de société sont si fort en honneur, et qui plaisait tant par là même à Cicéron, devenait Uïoins utile dans les circonstances où vivait Sénèque. Au contraire, la doctrine d'Kpicure, (|ui recommande à chacun de restreindre ses besoins et ses désirs, de réduire sa vie au inininuun, pouvait être invoquée de concert avec le stoïcisme. Cependant ce dernier système conserve sa manjue distinctive: un ardent amour de tous les hommes, un zèle pour travailler à leur bien, que ne pouvait avoir l'égoïsme étroit et sec de l'Épicurien. L'es])rit des deux philosopliies apparaît dans celle réilexion de Sénèque : Épicure avait dit que le sage ne se suffit |>as à lui-même, et qu'il lui faut des amis. Mais il ajoutait que c'est pour avoir quelqu'un qui le soigne quand
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il est malade, qui vienne à son secours quand il est en prison ou dans la misère. Au contraire, reprend Sénèque, c*est pour avoir quelqu*un que nous irons soigner, nous, dans ses maladies, et délivrer quand il sera entre des mains ennemies*.
4. Direction de conseienee. — Sénèque S*QCCUpe donc surtout de ce que nous appellerions aujourd'hui a la direction des consciences* ». « 11 exerce un certain patronage philosophique sur une clientèle d*amis, de connaissances, d'étrangei's, qu'il dirige parfois lui-môme, auxquels il envoie des instructions par des tiers, et qu'il surveille de près ou de loin. » Mais, pour prétendre â diriger les autres, ne doiton pas commencer par soi? Or la conduite de Sénèque a trop souvent, ce semble, démenti son langage. Lui-même, d'ailleur»j l'avouait : « Je ne suis pas un sage, disait-il; je ne le serai même jamais... En attendant, est-ce une raison de mépriser les bonnes paroles et les cœurs pleins de bonnes pensées^? » Ajoutons que les reproches de ses ennemis ne l'empêchèrent point d'avoir de nombreux et fidèles disciples, qui l'entourèrent jusqu'à la fin d'une respectueuse affecl ion: « Je vous lègue, leur dit-il en mourant, ce que j'ai de plus beau, l'image de ma vie^ ». Elle n'était donc pas si coupable qu'on pourrait croire, puisque lui-même au moment de mourir en parlait avec cette assurance. Toutefois c'est encore trop pour nous qu'un directeur de conscience ait été soupçonné. L'ascendant personnel que donne surtout une conduite irréprochable se trouvera plutôt chez Épictète En outre, tandis que les écrits du philosophe romain ne sont composés que pour quelques amis, l'enseignement d'Épictète nç reste pas enfermé dans un cercle d'élite et par là même restreint : c'est à la foule qu'il adresse par la parole une véritable prédication.