ifanuW* XXIX et XXXIH.I
.\ Manuel, XlV, 2; XIX; XXV, i etS.
i. Manuel, XLVll.
déplaît*. Enfin Épictùte recommande Tindulgence à Tégard d'aulrui. Ne condamnez pas un homme, quoi qu'il ail fait. Savez-vous comment il se juge lui-même, ce qu*il pense au fond du cœur et quel est l'état de son âme ' ?
6. Piété. — Telle est la morale d'Ëpictète. Elle prêche avant tout la réforme de soi-même. L'homme n'est que trop tenté d'agir au dehors, de se rendre maître des biens extérieurs. Peine inutile. Qu'il agisse plutôt au dedans de lui, pour s'affranchir de toute domination, pour assurer le triomphe de sa volonté. Quant aux choses, ne demandez pas qu'elles arrivent selon vos désirs; désirez plutôt qu'elles arrivent justement comme elles arrivent'. Mieux vaut, en effet, changer nos désirs que l'ordre du monde : Tun serait impossible, l'autre peut toujours se faire.
Mais cette patience du sage à Tégard des accidents qui peuvent le frapper, ne vient pas seulement de l'impuissance où nous sommes tous pour les empêcher; elle ne consiste pas à faire, comme on dit, de nécessité vertu. Le sage est convaincu que tout ce qui arrive est bien, parce qu'il y a un Dieu qui gouverne le monde. Bien plus, la Divinité est partout répandue dans la nature, et se confond avec elle. Comme elle est elle-même toute raison, elle fait donc régner Tordre partout, et son gouvernement ne peut manquer d'être le meilleur. Ainsi le sage, en suivant la nature, ne suit pas seulement la raison : il est sûr d'obéir à la Divinité *.
On voit maintenant le caractère nouveau que prennent lei rapports naturels, sur lesquels, disait Épictète, doivent se régler tous nos jugements. Ce sont des lois que l'bomnie ne saurait violer sans impiété, parce que Dieu même, qui est la raison, les a établies*. Aussi doit-on les suivre sans hésitation ni discussion. Parfois il faut risquer sa vie pour