‹ Études sur les principaux philosophes, rédigées confermément aux programmes officials du 31 mai 1902, à l'usage de la classe de philosophie et des candidats au baccalauréatChapitre 124 sur 285 · Manuel, XXXI · texte numérisé non relu

Manuel, XXXI

ft. Manuel, L et U.

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la patrie on pour un ami. N'allez point alors consulter Toracle de Delphes pour savoir ce que vous devez faire. Le dieu vous chasserait honteusement de son temple *. En effet, la raison ne s'est-elie point déjà fait entendre au dedans de vous? Le sage écoule toujours de tels arrêts. — Et tout ce qui arrive dans le monde, venant de la même cause divine, a droit au môme respect. Votre fils est mort : ne dit'^s pas : Je l'ai perdu. Vous n'avez fait que le rendre à celui qui vous l'avait prêté pour un temps, et qui vous le redemande ». Le rôle que vous avez parmi les hommes vous déplaîl-il : il faut vous en contenter. Un autre l'a choisi pour vous, et son choix était bon. Vous, tâchez seulement de bien jouer ce rôle'. S'il en est ainsi, la résignation devient plus facile au sage : il ne cède pas, comme on pourrait croire, à une nécessité brutale; il s'incline devant la raison universelle, raison cachée le plus souvent, mais qui n'en est pas moins réelle, et qui, on peut en être certain, fait tout pour le mieux. — Le Stoïcien sera donc pieux; mais sa piété ne vient pas du cœur, et le sentiment y a peu de part. Elle procède tout entière de la réflexion ou de la raison. « Sachez, dit Épictète, que le fond de la piété envers les dieux, c'est de juger d'eux sainement*. » C'est de comprendre Tiuiiverselle nécessité, laquelle est on même temps l'ordre fondé sur la raison souveraine; c'est de s'identifier presque avec celle-ci, et de devenir la loi du monde, et de régner sur toutes choses. Épictète rappelle, pour terminer, l'hymne de Cléanthe à Jupiter : « Emmène-moi, Jupiter, et toi, Destinée, là où vous avez arrêté que j<\ dois aller : je vous suivrai sans hésiter. (Juand même j'aurais la folie de ne pas le vouloir, je ne vous en suivrais pas moins. Mais quiconque se soumet de bonne grâce à la nécessité est sage à notre avis et sait les choses divines*. »

\. Manuel, \\\\\,o.

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