‹ Études sur les principaux philosophes, rédigées confermément aux programmes officials du 31 mai 1902, à l'usage de la classe de philosophie et des candidats au baccalauréatChapitre 129 sur 285 · l)e Aug., liv. 11, c. 1 ; 1. 1, p · texte numérisé non relu

l)e Aug., liv. 11, c. 1 ; 1. 1, p

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s. ■istolre. — L'histoire, que Bacon rapporte tout entière à la mémoire, comprend elle-même deux parties : histoire naturelle et histoire civile. La première étudie les différents êtres d*abord sous leurs formes ordinaires, tels que les produit, dans la plupart des cas, la nature livrée à ellemême; puis sous les formes anormales qu'ils prennent quelquefois, lorsque la nature semble se tromper en les produisant; enfin sous les formes que lartifice de l'homme leur impose lorsqu'il essaie de donner à la nature des chaînes ^ S*agit-il, par exemple, des animaux ou des plantes: l'histoire naturelle observera d'abord les espèces à Tétat sauvage et naturel, puis les monstruosités qui se produisent d'elles-mêmes, enfin nos espèces domestiques et les transformations que l'élevage leur fait subir. — Quant à l'histoire civiley elle comprend Thistoire ecclésiaslîque, littéraire et proprement civile ou politique. Bacon est le premier qui ait songea l'histoire littéraire; c'est l'histoire de l'esprit humain décrit par ses œuvres, et, sans elle, l'histoire du monde n'aurait qu'un œil, comme Polyphème. Notons que l'histoire ecclésiastique pourrait devenir aisément l'histoire des religions, et n'a point, par conséquent, une moindre importance *.

4. Poésie. — La poésie, que Bacon rapporte h l'imagination seule, se divise en narrative, dramatique et parabolique. Tandis que l'histoire ne considérait que des êtres réels, la poésie a pour objet des êtres fictifs ou fabuleux; mais elle rehausse par là-meme et embellit la réalité, elle élève Tâme, et la ravit au sublime. Bacon préfère la poésie parabolique aux deux autres, parce qu'au moins, sous ses fables, elle cache toujours la vérité; c'est déjà la science ou la p!iilosophie, comme à travers un voile*.

5. Phiioiiophle. — La science enfin e^l l'œuvre de la raison. La poésie et l'histoire ne représentaient que des individus; la science nous donne des notions générales, qu'elle

1. Ik Âug., lîT. n, c. 2, 1. 1, p. 111 : « Harum prima liberlaUm luluruj traclat« Mcunda errores, tertia vineula. • r ne Aug., Uv. H, c. 4, t. I, p. 118. S D€ Aug,, liv. U, c. 13, L 1, p. 13C.

IM PIin.OSOHIES MODERNES.

des parties sont loin d*étre encore remplies. Après avoir ainsi dressé comme la mappemonde du globe intellectuel, il faut» avant de partir à la découverte, savoir quelle route on suivra. Les navigateurs n'avaient jusque-là pour se guider que la lueur des étoiles : c*est une boussole que Bacon prétend leur donner dans son Novum Organum.

j m. - mVUM, ORGANUM.

Cette seconde partie de YInslauratio magna contient une classification des erreurs, et la théorie de Tinduction. Bacon fait d'abord place nette dans Tesprit humain et le débarrasse de tout ce qui Tobstrue, pour qu'il puisse recevoir ensuite la vérité.

t. Les errenr» on Idoles. — Il appelle nos erreurs, des idolety soit parce que ce sont des images trompeuses qui s'interposent entre nous et la réalité, soit parce que nous leur rendons, comme à de faux dieux, un culte (|ui n'est dû qu*à la vérité. Bacon en dislingue quatre sortes, idoia tribus^ tpecuSf fori, theatri.

Les idoles de la tribu sont les eneurs communes à toute l'espèce humaine, et qui tiennent à la constitution de notre esprit. Tel est le goût des abstractions, et aussi ce penchant à prendre nos sens pour la véritable mesure des cho-* ses; or les perceptions tant des sens (|ue de rentcndement sont plutôt relatives à riiomme qu'à l'univers. Notre esprit mêle sans cesse sa nature à celle des choses; c'est un miroir qui dévie et tord les rayons que celle-ci lui envoie *,

Viennent ensuite les idolea de la caverne^ ou les erreurs propres à chacun, et qui résultent de sa tournure d'esprit, de son caractère. Platon avait dit que les hommes étaient comme dans une caverne où l'on n'aperçoit que les ombres des objets. Suivant Bacon, chacun de nous aurait de môme sa caverne à lui *.

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