Hov. Org,, t. n, p
s. Nop» Org.^ p. 23.
16G PniLOSOPflES MODERNES.
logiciens, pros^^és de produire leurs théories, ont montré un superbe dédain pour les faits particuliers. Ils les ont envoyés en avant comme des licteurs pour leur frayer le chemin. Jamais ils ne les ont réunis autour d*eux pour prendre conseil et délibérer en règle. Aussi les ont-ils vite perdus de vue; ils S9 sont élevés immédiatement à des généralisations téméraires qui n'étaient que de vaines abstractions ^
s. Gé[>raiiaaClon ^radoelle. — Or. dit Bacon, ce ne
sont pas des ailes, mais des semelles de plomb qu*il faut attacher à Tesprit humain. Il recommande donc la plus grande prudence et lenteur. En généralisant, on doit aller sans doute des expériences à leurs lois, ab erperimentU ad axiomata^ mais progressivement, et de degré en degré. Au lieu de s'élancer du premier coup jusqu'aux axionus suprêmes, comme faisait l'ancienne logique, on doit se contenter d'abord d'axiomes infimes qui diflèrent à peine de la simple expérience, puis arriver peu à peu à des axiomes moyens, vérités solides et vivantes, d'où dépendent toutes choses. Que l'on commence par épeler les lettres, dil-il, pour prononcer ensuite les syllabes, puis les mots, et lire enfin couramment dans la nature. A la généralisation vulgaire qui fournil les notions communes, mais obscures et confuses du langage^. Dacon voudrait substituer une généralisation savante qui donne peu à peu des lois véritables*.
4. induetion savante. — C'est pourquoi Bacon, rejetant rinduction qui procède par simple énumération, en propose une toute différente. Elle procédera par élimination; Bacon disait, fl en faisant les réjections et exclusions nécessaires' ». S'agil-il de trouver la cause d'un pjiénomène : au lieu d'aller droit à celle-ci, et d'aflirmer qu'on la tient, ce qui n'appartiendrait qu'à l'inlelligence divine, Bacon recommande de tourner la difli(iulté : qu'on examine d'abord les causes qui s'olTrent les premières, et qui bien souvent ne
1. Nov. Org., liv. I, 69 et IfJS, t. W, p. 32 et 62. Il s'ii^il de rinduction p^r eiiumerationcm ùmpUcem^ tant rtif»rouv«^o de tous Ii*s lo{;ioiens. — Lire «ur retle premiùro induction le premier chapitre de l'ouvrage de M. Lachelier, fondement de l'induction^ p. 7-ïS).