DUc. de la Méth., HI
4. Diêc. de la Méth. (éd. Garnier, t. UI, p. 179). h, DUc. de la Méth., UI, % ».
nécessité des choses, fût-ce même les événements les plus fâcheux. Nous ne devons nous mettre en peine que des maux qui sont de notre faute. Pour tout le reste, dit Descartes, qu'on fasse de nécessité vertu. Cette troisième maxime semble traduite mot pour mot d'Epictèle: elle est encore plus stoïcienne que la précédente *.
Descartes avouait d'ailleurs qu'elle est très difficile à mettre en pratique. Peut-être même, en le faisant, mériterait-on le reproche d'insensibililé ou d*orgxieil qu'il adressait aux moralistes de l'antiquité. Elle violente trop notre nature ; et nos affections et nos inclinations les plus chères ne peuvent se résoudre à cette indifférence. Notre philosophe lui-même écrivait quelque temps après la mort de son père, et d'une fille qu'il perdit toute jeune: «Je ne suis pas de ceux qui estiment que les larmes et la tristesse n'appartiennent qu'aux femmes, et que, pour paraître homme de cœur, on se doive contraindre à montrer toujours un visage tranquille; j'ai senti depuis peu la perte de deux personnes qui m'étaient bien proches, et j'ai éprouvé que ceux qui me voulaient défendre la tristesse l'irritaient, au lieu que j*étais soulagé par la complaisance de ceux que je voyais touchés de mon déplaisir. * »
11 maintenait néanmoins sa règle, en écrivant à la princesse Elisabeth : « Que chacun considère que, pendant qu'il se conduit ainsi autant qu'il peut selon la raison, tous les biens qu'il ne possède point sont aussi entièrement hors de son pouvoir les uns que les autres, et que, par ce moyen, il s'accoutume à ne les point désirer, car il n'y a rien que le désir et le regret ou le repentir qui nous puissent empêcher d'être contents'. »