‹ Études sur les principaux philosophes, rédigées confermément aux programmes officials du 31 mai 1902, à l'usage de la classe de philosophie et des candidats au baccalauréatChapitre 140 sur 285 · Disc, de la Mith., II · texte numérisé non relu

Disc, de la Mith., II

S. Diêo. de la Méih,, VI, ( 2,

DESGARTES. 180

mètres et à Talgèbre des modernes, lui servît à trouver (juatre règles très siînplcs qui lui parurent suffire à son dessein*.

Les origines de sa méthode sont donc surtout mathémaliqucs. Lui-même dcOnissait toute science, une connaissance certaine et évidente, cognitio ceria et evidem. Or, parmi les sciences faites, comme il dit, il u*existc que Tariliimélic|ue et la géométrie, qui soient entièrement exemptes de l'aiisselé ou d'incertitude. Elles doivent cet avantage à leurs procédés : n'admettre comme principes que des idées claires et distinctes, et tirer de là tout le reste. Intuition évidente pour les principes, déduction nécessaire pour leurs conséquences, voilà donc les deux voies ouvertes à Thomme pour arriver à une connaissance certaine de la vérité*. Des quatre préceptes de Descartes, le premier se rapporte à l'intuition, les trois autres à la déduction.

2. Iniuiilon. — (( liC premier, dit-il, était de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemmiMil être telle ; c'est-à-dire d'éviter soigneusement la précipitation et la prévention, et de ne comprendre rien de plus en mos jugements que ce qui se présenterait si clairement et si distinctement à mon esprit, que je n'eusse aucune occasion de le mettre en doute*. »

Descaries rejette donc toute autorité en matière de science ou de philosophie, et n'admet que l'évidence de la raison. Lui-même ajoutait : u II est à remarquer que je dis de notre raison, et non point de notre imagination ni de nos $ens : comme encore que nous voyions le soleil très clairement, nous ne devons pas juger pour cela qu'il ne soit que de la grandeur que nous le voyons; et nous pouvons bien imaginer distinctement une tôte de lion entée sur le corps d'une chèvre, sans qu'il faille conclure pour cela qu'il y ait au monde une chimère; car la nisoii ne noqs dicte point que ce que nous voyous ou imaginons ainsi soit véritalile, mais elle nous dicle bien que toutes nos idées ou notions doivent

Page 1