‹ Études sur les principaux philosophes, rédigées confermément aux programmes officials du 31 mai 1902, à l'usage de la classe de philosophie et des candidats au baccalauréatChapitre 145 sur 285 · UC'dil., J, g i · texte numérisé non relu

UC'dil., J, g i

les autres sciences qui dépendent de la considération des choses sensibles, sont fort douteuses et incertaines*. »

Mais ces choses sensibles sont des choses composées qui n'existent que par le mélange de quelques autres plus simples et plus générales, comme l'étendue, la figure, la grandeur, le lieu, le mouvement. Or ces éléments au moins sont vrais et existants, quand même les choses formées de leur mélange seraient imaginaires. Et Tarithmétique, la géométrie, et les autres sciences de cette nature, qui ne traitent précisément que de ces choses fort simples et fort générales, contiennent sans doute quelque vérité, a Que je veille ou que je dorme, deux et trois, joints ensemble, formeront toujours le nombre de cinq, et le carré n'aura jamais plus de quatre côtés*. •

Cependant il y a des hommes qui se méprennent en raisonnant, même touchant les plus simples matières de géométrie, et y font des paralogismes. Or je suis sujet à faillir autant qu'aucun autre, et que sais-je si je ne me trompe pas aussi, toutes les fois que je fais l'addition de deux et de trois, ou que je nombre les côtés d'un carré'?

Enfin, « j'ai dans mon esprit une certaine opinion qu'il y a un Dieu qui peut tout, et par qui j'ai été fait et créé tel que je suis. Or que sais-je s'il n'a point fait qu'il n'y ait aucune terre, aucun ciel, aucun corps étendu, aucune figure, aucune grandeur, aucun lieu, et que néanmoins j'aie le sentiment de toutes ces choses? » Et si l'on se récrie, parce que cela répugne à la bonté de Dieu, je puis toutefois supposer qu'un mauvais génie, non moins rusé et trompeur que puissant, a employé toute son industrie à me tromper*.

Celte dernière raison fait douter Descartes de notre entendement lui-même, semble-t-il. Mais à qui nous fier désormais, si notre entendement nous trompe? « L'unique fort des dogmatistes, dira Pascal, est qu'en parlant de bonne foi et sincèrement, on ne peut douter des principes naturels.

i. }lédit., I. 9 7.

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