PreoYe de Diea par sa natare. — Mais à Ces deUX
preuves de Dieu, par ses effets. Descartes préférait sans doute, comme plus intuitive, la preuve par son essence et sa nature même. Du moins, il la propose la première dans ses Prin-^ cipes^. Elle rappelle un ar^^ument fameux de saint Anselme, l'argument ontologique. Peut-on concevoir un être parfait qui n'existerait pas? L'existence est une perfection. Un ôtie parfait n'existant pas serait donc imparfait par quelque endroit, ce qui est contraire à sa définition même, ou à son essence, ou à sa nature toute parfaite. « Revenant à examiner l'idée que j'avais d'un être parfait, dit Descartes, je trouvais que l'existence y était comprise en même façon qu'il est compris en celle d'un triangle que ses trois angles sont égaux à deux droits, ou en celle d'une sphère que toutes ses parties sont également distantes de son centre*.... »
Mais la perfection de Dieu, cause suprême de toutes choses, nous rassure, et nous enlève toute crainte d'un malin génie qui noas tromperait. Nous pouvons et nous devons
t. Celle preuve répond en effet le mieux à ce que Malebranchc exige de toute preuve de l'existence de Dieu, en suivant l'ordre de philosopher que Ilesoartes indique : « ... Et il est encore nécessaire de savoir par simple vue et non point p»r raisonnement que Dieu n'est point trompeur; puUque le rnvtonnement peut toujours être faux^ H Von suppose Dieu Irompeur. ■ (Malebranche, Recherche de la vérité, liv. VI, ?• partie, c. vi.) En effet, dan;* le raisonnement, la mémoire intervient, à moins qu'il ne «e fasse en un moment, auquel cas il mi presque une eimple vue on une intuition.
1 Diêc. de la Mélh., IV, S 5. — Médil., V, g 3-5. - Pnnc, I, 14.
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nit^me avoir confidoce en Dieu : il ne trompe jamais, et notre entendement, qui est <on œuvre, ne saurait avoir que le Trai pour objet. Au moins les idées claires et distinctes qpi se trouvent en lui, et les liaisons nécessaires que nous en formons, sont certainement légitimes. Dieu nous en ei^t garant, soit que nous les contemplions à la pleine lumière de l'évidence, soit que nous nnus souvenions seulement de les avoir ainsi contemplées. Leur refuser encore notre assentiment, ce serait, dit Descartes, t faire injure à Dieu' u.
s. De iVrrear. — Reste néanmoins une difficulté. Notre entendement ne se trompe*t-il pas quelquefois ? Ses erreurs serdient-elles imputables à Dieu? Alors celui-ci n'est plus l'être parfait, et nous recommençons à douter de nousmêmes, nous demandant si nous sommes capables de connaître le vrai. Il faudrait, s'il est possible, expliquer l'erreur, sans que notre eiit«ndement en souffre dans son intégrité. 11 f;jiidrait sauvegarder à la fols l'honneur de l'esprit humain et de la Divinité.
Toute erreur consiste dans un jugement faux. Mais le jujremtiit, selon Descaries, est une opération où notre volonté n'intervient pas moins que notre entendement. Et la volonté, c'est le libre arbitre. Déjà dans sa morale, on a vu le rôle considérable que jouait la liberté. Ensuite, s'il a poussé le doute à un tel excès, c'est, dit-il, a que nous avons un libre arbitre qui fait que nous pouvons nous abslenir de croire les choses douteuses t. Il n'a pas la moindre incertitude à ce sujet. « Ne soyez pas libre, si bon vous semble, écrivait-il à Gassendi. Pour moi, je jouirai de ma liberté, puisque je la ressens en moi.?. Et peut-être <ju(; je trouverai plus de créîmce en l'esprit des autres, en assurant ce que j'ai expérimenté, et dont chacun peut aussi faire épreuve en soi-même*. » Ailleurs il la propose presquf^ roinnie un dogme : « Dieu, dit-il, a fait trois choses merviîilleuses, la création, le libre arbitre et THonime-