Princ, ni
s. hép. aux cinq objtct., % 50 («.d. Caraier, H, 316).
Dieu*. » Et encore : « Cest principalement le libre arbitre qui me fait connaître que je porte Timage et la ressemblance de Dieu*. »
6. Liberté divine. — Ainsi convaiacu du caractère presque surnaturel et divin que possède la liberté, il ne pouvait manquer de l'attribuer à Dieu, comme la suprême perfection. Parfois même il semble faire prédominer en Dieu la volonté libre sur Tentendement, ne voulant pas que Dieu fût soumis à rien, même à la raison. « C'est en effet parler de Dieu, comme d un Jupiter ou d un Saturne et l'assujettir au Styx et aux destinées, que de dire que les vérités éternelles sont indépendantes de lui. Ne craignez point, je vous prie, d'assurer et de publier partout que c'est Dieu qui a établi les lois en la nature, ainsi qu'un roi établit les lois en son royaume'. » Ajoutons, il est vrai, que ces lois de la nature se réduisent aux principes de la mécanique, que les vérités éternelles sont les vérités de la géométrie, et que les supposer indépendantes de Dieu, c'était leur reconnaître une existence absolue, qui suffisait ensuite pour expliquer par elles seules la production et la conservation de toutes choses; c'était, par conséquent, donner gain de cause aux matérialistes. Aussi Descartes ne voulait voir dans les lois du mouvement, et dans notre esprit même qui les démontre, qu'une œuvre sans doute arbitraire et une pure création de la Divinité. Ailleurs cependant. Descartes avoue qu'il n'y a aucune priorité en Dieu entre la volonté et l'entendement. Leur opération est unique, et, si l'on peut dire, indivisible.
9. Liberté humaine. — 11 n'en est pas de même en l'homme. L'entendement ne fait que concevoir des idées sans rien affirmer ou nier. C'est la volonté qui affirme ou nie, c'est donc elle qui juge. Or tant que les idées sont claires et distinctes dans l'entendement, la volonté peut y consentir sans hésitation. Elle ne pourrait même faire autrement, à moins de détourner ailleurs l'attention de l'esprit. « 11 n*est pas
i. « Tria mirabilia fccit Dominus : res ex nihilo, liberum arbitrium et Hoiui* Dem Deum. » {Inédits publiés par Foucher de Careil, 1, 15; Ladrange, 1859.) 1 lférf.,IV,§7.
3 UUre au P, Mcnenne^ 13 avril 1630 (éd. Garnier, t. IV, p. JKKS^»
dans ma liberté, par exemple, dit Descartes, de concevoir un Dieu sans existence, c'est-à-dire un être souverainement parfait sans une souveraine perfection, d De là vient que dans les jugements vrais, dont Févidence est cause. Toperation de la volonté ne se remarque pas, et se confond presque avec celle de Tintelligence. — Mais si les idées sont encore obscures et confuses dans notre entendement, et, que, sans attendre que la lumière se fasse, sans travailler nous-mêmes à la faire à force d'attention, nous portons néanmoins un jugement, on ne s'étonnera pas que ce soit une erreur. Mais à qui la faute, en vérité? Ce n'est pas à notre entendement, dont les idées amenées à l'évidence eussent été vraies. Dieu nous en est garant. La faute en est donc à notre volonté, qui n'a pas fait son devoir et a jugé trop vite. Voilà pourquoi Descartes, dans sa première règle de logique, indique comme les deux causes de l'erreur, la prévention et la précipitation. L'entendement peut se trouver prévenu ou préoccupé par certaines idées sur une question ; si la volonté se précipite, au lieu de retenir son consentement et de douter, jusqu'à plus ample examen de ces idées, elle, se trompe. L'erreur ne vient donc ni de Dieu, qui est la source de toute vérité et de toute bonté, ni de notre entendement, qui de sa nature ne peut connaître que le vrai ; elle vient de notre liberté et du mauvais usage que nous en faisons. L'erreur est une faute, dont nous sommes coupables, comme aussi, en revanche, c'est une bonne action que de savoir reconnaître la vérité et y consentir *.