Di9t. de la Mélh,, V
2. Baillet, liv. V, c. v, t. II, p. 36-7, et liv. VIII, c. x, p. M3.
5. DUc. de la Mélh., V, §9. — « Uouucuiip de |)ersotincs m'ont demandé ce qu'il faudrait qu'une b(^te lit pour me pcM>u;i.lor qu'elle rai&oiine. Ma promiiire réjonse a toujoui*s étO qu'il laudiail qurllo me le dit et qu'elle raisonnât aveu moi. Et que, nielle raisonnait, «'lie aiiprondrait à parler le lan^^M^e des hommes... ■ (Clianut, Vln^liuct cl la G>mn<ii.s.\nu»:* ftca animaux^ la Uoihellci 646.)
je ne sais quelle âwie inférieure; tout enfin, jusqu'à la sensation» l'imagination et la mémoire elle-même en Thomme. Ces choses se font par la seule disposition de nos organes et les divers mouvemenls qui s'y produisent.
4. La pensée. — Cependant, lorsque Descartes arrive à Tâme, il déclare « qu'elle ne peut aucunement être tirée de la puissance de la matière, ainsi que les autres choses dont il a parlé o^ La pensée, en effet, nous apparaît comme tout à fait distincte de l*étendue, et nous est connue différemment. L'intervention divine est donc nécessaire pour un second acte créateur, a L'âme doit expressément être créée*. » Descartes accorde beaucoup à la matière : elle suffît à expliquer les astres, la terre, les plantes même et les animaux, et le corps de Thomme, mais non pas son âme. C'est que « la matière est dans une incapacité naturelle invincible de penser », comme dira Pascal. El ailleurs, non moins magnifiquement : « Tous les corps, le firmament, les étoiles, la terre et ses royaumes, ne valent pas le moindre des espnls ; car il connaît tout cela et soi; et les corps, rien... De tous les corps ensemble, on ne saurait en faire réussir une petite pensée: cela est impossible, et d'un autre ordre* p.
Aussi Pascal avait-il eu tort d'insinuer, en d'autres temp> sans doute, que « Descartes aurait bien voulu, dan& toute sa philosophie (entendez ici sa physique), pouvoir se passer de Dieu; mais il n'a pu s'empêcher de lui accorder une chiquenaude, pour mettre le monde eu mouvement : après cela, il n'a plus que faire de lui* ». Le Dieu de Descartes cepen- • dant ne cesse pas de « prêter son concours à la nature » et de conserver le monde par sa continuelle action, ensuite n'est-ce donc rien que celte « chiquenaude »? comme disait Pascal. Suivant Démocrite, Épicure et Lucrèce, à qui quelques-uns comparaient Descartes au dix-septième siècle, il n'y a qu'un principe, la matière, qui suflit à tout*. Mais Descartes