Son Mfversniité. — Hais peut-on, en effet, trans
porter ces règles à toute espèce de matières? Ont-elles TuniversaJilè que Descartes et Pascal lui attribuent? Descartes n'en doutait pas, ce semble : en métaphysique, il procédait comme en gcomélrie, suivant toujours la même méthode. S*il avait dû traiter des choses morales, comme il a fait les choses physiques, peut-être eût-il rencontré des difficultés. Plus tard, Pascal distingua un esprit de finesse bien différent de Tesprit géométrique. Celui-ci ne sert, à vrai dire, qu'en géométrie. Partout ailleurs, dira-t-il, il estrfaux et insupportable, parce qu'il veut trouver la même exactitude et la même rigueur dans des choses qui ne les comportent plus. Mais déjà dans ce fragment, quoiqu'il dise à la fin que la méthode des géomètres est universelle, Pascal a fait dès le début ses réserves à l'égard des choses relatives au cœur ou à la volonté. Là, en elïet, les règles si simples de la géométrie ne sont d'aucun usage; on y trouve, pour parler comme Pascal, des nœuds trop embarrassés, et il faut quelque chose d'autrement délicat pour en débrouiller tous les replis*.
i. Sur Ceêprit de finesse et r esprit géométrique {Pensées^ VU, 2, éd. Uavet). — En 16GU, quand il clait dans des éludes bien cloignéei de l'esprit géométrique, Pascal écrivait à Fermât : « Tour vous parler rranchement de la géométrie, je la trouve le plus liaul exercice de l'esprit; mais en mémo temps je la connais pour si inutile, que je fais peu de dilTércncc entre un hommo qui n'est que géomètre cl un habile artisan. Aussi je l'appelle le plus beau métier du monde; mais enfui ce n'est qu'un métier; et j ai dit souvent qu'elle est bonne pour faire l'essai, mais non pas l'emploi de noire force. » {Lettre de Pascal à Fermai^ lU iiuiU lOtiO. od. Bossut, t. IV, p. il7.) Le mathématicien Fermât était en même lciii|)s cunsviller au parlement de Toulouae, et, par-dcssu5 tout, un parfait honnête homme.