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aperçu comme présent ; dans le second, comme absent. C'est une grande différence, au point de vue psychologique, et elle consiste dans deux jugements ou deux croyances tout à fait contraires. Mais, à C égard de ce qui se passe dans le corps, Malebranche a raison de dire que les sens et V imagination ne diffèrent que du plus et du moins. Supposez môme un ébranlement nerveux assez violent, et les personnes qui l'éprouvent « sentent ce qu*elles ne devraient qu'imaginer, et croient voir devant leurs yeux des objets qui ne sont que dans leur imagination » : c'est-à-dire qu'elles ont une hallucination.
Or les mouvements du cerveau et des nerfs qui occasionnent en nous les images des objets, se produisent en vertu de causes organiques, ou quelquefois par l'efiel de notre volonté. Dans le premier cas, les images suscitées le seront sans nous et même malgré nous; dans le second» c'est nous-mêmes qui les aurons évoquées, pour ainsi dire, à notre commandement. Malebranche distingue, à ce sujet, Yimagination active de l'âme et ïimagination passive du corps.
S. Esprits aninmux et traces do cerveaD. — Mais Ce n*est point là ce qui l'occupe. N recherche plutôt les causes qui rendent l'imagination plus forte ou plus faible chez les différentes personnes, et il en reconnaît de deux sortes. « De même que la largeur, la profondeur et la netteté de quelque gravure dépend de la force dont le burin agit et de l'obéissance que rend le cuivre, ainsi la profondeur et la netteté des vestiges de l'imagination dépend de la force des esprits animaux et de la constitution des fibres du cerveau* ». Par les esprits animaux il entend avec Descartes les parties les plus subtiles du sang qui s'insinuent, comme une sorte de feu, dans les nerfs, pour les mouvoir et pour transmettre au cerveau leurs impressions. On dirait aujourd'hui fluide nerveux ; ce n'est qu'un mot à la place d'un autre. Et Malebranche explique par ces deux causes les différences qui se trouvent entre les esprits. « La vie de