Recherche, llv. H, f parUe, c. ▼, § A
2. Hecherche, liv. II, l" partie, c. v, g 2, fin. 6. Recherche, liv. H, 1" partie, c. vu, § 3.
i. Recherche, liv. II, l" partie, c. v, § J. Ik Recherehet liv. U, 1" partie, c tu, 1 8^
prononcé ; on voit cependant que la chose est expliquée par des habitudes ou des liaisons entre les traces du cerveau, ineffaçables tant elles sont profondément empreintes. Malebranche indique même une- autre raison de leur persistance : « Les traces naturelles ont pour ainsi dire de secrètes alliances avec les autres parties du corps, car tous les ressorts de notre machine s*aident les uns les autres pour se conserver dans leur état naturel. Toutes les parties de notre corps contribuent mutuellement à toutes les choses nécessaires pour la conservation et pour le rétablissement des traces naturelles.... Mais, pour les traces acquises, les autres parties du corps ne contribuent point à leur conservation : au contraire elles travaillent continuellement à les effacer et à les perdre»; de même les plaies ordinaires du corps se referment et se guérissent peu A peu et s'effacent*. Ainsi chaque habitude naturelle a pour ainsi dire des racines partout dans l'organisme; tandis que chaque habitude acquise est comme une plante entretenue seulement à force de soins continuels dans un terrain qui ne la produirait pas de lui-môme.
Ces liaisons des traces dans le cerveau se transmettent par rhérédité, et d'autant plus sûrement qu'elles sont plus profondes et plus naturelles. Les autres ne trouvent pas toujours, chez les enfants, les mêmes causes extérieures qui les entretenaient chez les parents et sont effacées peu à peu par le travail intéiieur de la nature qui fait prédominer les siennes. « Tout le monde sait, dit Malebranche, qu'il y a des familles entières qui sont affligées de grandes faiblesses d'imagination qu'elles ont héritées de leurs parents. Mais on peut assurer, pour la consolation de quelques personnes, que ces faiblesses des parents n'étant point naturelles ou propres à la nature de l'homme, les traces ou les vestiges du cerveau qui en sont cause se peuvent effacer avec le temps*.» Il est un cas, cependant, où les impressions se transmettent avec une force singuliôra : c'est lorsque les
1. Recherche^ liv. H, 1" partie, c. tu, § 5. $. Hechtrehê, liv.U, l** partia, c. vu, | 4.
MALEBKANGHE. 357
enfants sont encore au sein de leurs mères. Halebranche exagérerait plutôt reflet que peut produire ce qu'éprouvent alors celles-ci, sur un cerveau si tendre et si délicat. « Elles font naitre, dit-il, dans Tespril de leurs enfants les mômes passions et les mômes sentiments dont elles sont touchées, et par conséquent elles leur corrompent le cœur et la raison en plusieurs manières^ » P.ar bonheur, la nature reprend, ensuite le dessus, et efface les mauvaises traces. Malebranchc reconnaît de la raison aux plus petits enfants, quoiqu'ils niaient pas d'expérience. 11 parait assez, dit-il, qu'ils en font beaucoup d*usage, dans la manière dont ils apprennent leur langue; car la connaissance de Tordre et des rapports qui se trouvent entre tous les mots et toutes les choses qu'ils voient et qu'ils entendent en exige certainement. Il faut donc les accoutumer à se conduire par la raison, puisqu'ils en ont, et il faut les exciter à leur devoir en ménageant adroitement leurs bonnes inclinations. Mais ce ne serait pas les instruire que de les forcer à faire extérieurement ce qu'ils ne croient pas devoir faire, puisque c'est l'esprit qu'il faut instruire et non pas le corps. Donc peu de châtiments, et point du tout de récompenses. S'il est quelquefois utile d'effrayer et de punir. te%enfants par des châtiments sensibles, on ne doit pas les attirer par des récompenses sensibles. «Ce serait leur représenter ces récompenses comme la fm de leurs occupations ; ce serait corrompre, par conséquent, toutes leurs meilleures actions, et les porter plutôt à la sensualité qu'à la vertu*. »
§ II. — CALStiS MORALES DES ERREURS DE L'IMAGLNATION.
f . Le phjHique et le moral. — Avant d'étudier les cnu^ea morales do nos erreurs, Malebranche montre d'abord l'infhience des causes physiques qu'il vient d'énumérer. Il explique par elles riiiingiiiation des femmes, et leur grande