Reeherc'w, Hv. II, 1" partii;, c. vu
t. Rtcfurrche, li\. 11, f paitie, c. viii, g t et 2.
S5d t»fiILOSOPHES MOD£nN£S.
intelligence pour tout ce qui frappe les sens, a C*cst aut femmes à décider des modes, à juger de la langue, à discerner le bon air et les belles manières.... Tout ce qui dépend du goût .est de leur ressort*. » Mais, dit-il, pour l'ordinaire, tout ce qui est abstrait leur est incorapréhensible. « Elles ne considèrent que Técorce des choses, sans en percer le fond. » Néanmoins, il se trouve aussi des femmes qui ont plus de solidité d*esprit que quelques hommes. Chez^la plupart des hommes, en effet, la solidité et la consistance qui se rencontre dans les fibres de leur cerveau, est loin d'être toujours un avantage : elle ne fait souvent que la solidité et la consistance de leurs erreui's *. Et Malebranclie voudrait qu'on fit acquérir par l'usage aux parties du cerveau une certaine facilité à se plier de toutes façons, pour avoir par là môme la facilité de penser à ce qu'on veut. C'est là, dit-il, la principale différence d'un homme d'esprit d'avec un autre. Mais, à mesure qu'on avance en â^e, les fibres du cerveau se durcissent, deviennent inflexibles ; les esprits animaux. dVintre part, se font rares; aussi les vieillards sont-ils encore plus confirmés dans leurs erreurs que les autres hommes*.
t. Erreurif de« personnes d'éCude. — Malebranclie étudie alors les causes morales des changements qui arrivent à l'imagination des hommes. Elles sont plus particulières, dit-il, parce qu'elles dépendent des différentes conditions, des différents emplois, des différentes charges où les hommes se trouvent engagés. Ce scruit donc entreprendre l'impossible, que de vouloir les expliquer en détail. Maiebranche rappelle alors que le titre de son livre est Recherche de la vérité. Comme les erreurs de ceux qui ne se mêlent pas de rechercher la vérité et d'en instruire les autres ne portent pas beaucoup de préjudice, il ne s'en met guère en peine. Il parlera seulement de ce qui peut causer des erreurs en matière de science ou de philosophie. De là quatre chapitres où il malmène les « personnes d'étude ».