‹ Études sur les principaux philosophes, rédigées confermément aux programmes officials du 31 mai 1902, à l'usage de la classe de philosophie et des candidats au baccalauréatChapitre 164 sur 285 · Recherché, liv. II, 2* partie, c. i · texte numérisé non relu

Recherché, liv. II, 2* partie, c. i

liALËBRANGËË, SSd

Elles sont sujettes à trois défauts : — ou bien elles s'ehtôtent mal à propos de quelque auteur ou de quelque science inutile ou fausse; j— ou bien elles se préoccupent de leurs propres fantaisies; — d'autres enfin, s* imaginant connaître tout ce qui peut être connu, et persuadés qu*ils ne savent rien avec certitude, concluent généralement qu'on ne peut rien savoir*.

Malebranche parle peu de ces derniers, qui sont les scep^ tiques. Comment osent-ils prétendre qu'on ne saura jamais telle ou telle chose ? Ont-ils eu toutes les pensées qu'on peut avoir à ce sujet, et pourquoi d'autres ne rencontreraient-ils pas mieux qu'eux ? — 11 parle peu aussi des seconds, qui sont les inventeurs de nouveaux systèmes. II avoue que de grandes qualités sont nécessaires pour trouver quelque véritable système : il faut, avec beaucoup de vivacité et de pénétration, une certaine grandeur et une certaine étendue d'esprit qui permet d'envisager un très grand nombre de chosos à la fois. Le mal est que l'auteur se plaît ensuite inlérieuremont dans la vue de son ouvrage, ne contemplant que l'image de la vérité qu'offre sans doute un tel système, sans même apercevoir les objections qui lui sont proposées.

9. De» érndit». — Hais Malebranche poursuit surtout de ses épigrammes ceux qui ne s'occupent que d'érudition. Y a-t-il ici un souvenir personnel? « A son entrée dans l'Oratoire, raconte Fontenelle, par le conseil du P. Lecointe, auteur des Annales ecclesiastici Francorum, il s'appliqua à l'histoire ecclésiasiique. 11 commença par lire en grec Eusèbe, Socrale, Sozomène, Théodorct; mais les faits ne se liaient point dans sa tête les uns aux autres; ils ne faisaient que s'elTacer mutuellement, et un travail inutile produisit bientôt le dégoût. Le célèbre Simon, qui était alors de l'Oratoire et à Paris, voulut attirer à lui, c'est-à-dire à l'hébreu et à la critique de l'Écriture sainte, ce déserteur de rhisloire; et le P. Malebranche entra, sous sa conduite, dans cette nouvelle carrière peu différente de l'autre; aussi n'y

Page 1