‹ Études sur les principaux philosophes, rédigées confermément aux programmes officials du 31 mai 1902, à l'usage de la classe de philosophie et des candidats au baccalauréatChapitre 172 sur 285 · Trad. Saisset, t. HI, p · texte numérisé non relu

Trad. Saisset, t. HI, p

i, Trad. Sêiuet, t. Ul, p. 333»

il. La Tolooté et le mal. — L'âme humaine, en vertu de celte puissance à laquelle elle participe, tend à pensévérer dans son être qui est la pensée avec ses idées, et à Taccroître sans cesse. C'est même cette tendance que nous prenons pour la volonté. Mais nous ne devons pas regarder celle-ci comme un pouvoir supérieur aux idées, et qui les' choisirait comme du dehors. Elle est plutôt l'âme même de la série qu'elles composent, et le passage incessant et nécessaire de l'une à l'autre. « La volonté, dit Spinoza, ne diffère pas autrement de telle ou telle volition que la blancheur de telle ou telle couleur blanche, l'humanité de tel ou tel individu humain; par suite, la volonté n'est pas plus la cause de telle ou telle volition que l'humanité n'est la cause de Pierre ou de Paul. Les volitions particulières ont donc besoin, pour exister, d'une autre cause, et ne peuvent en conséquence être appelées libres, mais sont nécessairement telles que leurs causes les déterminent â être*. »

Mais si la nécessité règne de la sorte en nous, que deviennent le bien et le mal? Spinoza ôte à ces mots toute signification morale. Le bien sera seulement la quantité d'être ou la perfection qui se trouve en chaque chose. Et comme toutes nos actions renferment quelque réalité, il n'y a pas d'action absolument mauvaise, de môme que tout à l'heure il n'y avait pas d'idée fausse. C'est nous qui, comparant telle action à telle autre, jugeons qu'elle a moins de réalité, et, partant, qu'elle est défectueuse. Mais, considérée en ellemême, sans aucun rapport au reste des choses, elle est certainement réelle et positive, elle manifeste la puissance d'un être, et, comme telle, renferme quelque perfection. Mais, dit Spinoza, « nous comprenons tous les individus d'un genre, tous ceux par exemple qui ont extérieurement la forme humaine, sous une même définition, et nous pensons ensuite qu'ils sont tous également susceptibles de la plus grande perfection que cette définition comporte; puis, quand nous en trouvons un dont les actions répugnent à cette perfection, nous disons qu'il eu est privé, qu'il s'éloigne de la nature;

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