I. Trad. Saisset, t. lli, p
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ce que nous ne ferions pas si nous ne Tavions rapporté à cette définition, si nous ne lui avions attribué cette nature*. »
Donc le mal n^cxiste que par comparaison avec une chose qu'on estime bonne. Le mal n'est qu'un moindre bien. Chaque être, d'ailleurs, est par rapport à lui-même tout ce qu'il peut être; tout ce qui lui arrive résulte nécessairement de sa propre essence. « Demander à Dieu, continue Spinoza, pourquoi il n'a pas donné à Adam une volonté plus parfaite, est aussi absurde que de demander pourquoi il n'a pas donné au cercle les propriétés de la splière*. »
it. Sanctions. — On objectera que des actions nécessaires ne méritent ni châtiment ni récompense, et que Dieu, qui en est l'auteur, se contredit d'abord en accomplissant lui-même dans ses créatures ce qu'il a défendu, puis en les punissant de fautes qu'il a lui-même commises. Mais c'est imaginer Dieu comme un roi et un législateur, puis comme un juge qui inflige à des coupables une punition, que leur faute elle-même n'eût point amenée avec soi. Or Spinoza assure que les maux résultent des actions mauvaises et le bonheur de l'amour et de la connaissance de Dieu « avec la même nécessité qu'il résulte de la nature du triangle que la somme de ses an^^les égale deux droils ». Mais les hommes, qui humaniseni tout, se sont représentés comme des lois les causes naturelles ou les conditions de notre bonheur et de noire malheur, et comme des punitions et des récompenses les efl'ets nécessaires de ces causes. L'ordre donné à Adam de ne pas manger tel fruit consiste uniquement en ce que hiou lui aurait révélé que cet acte causait la mort, comme il nous révèle à nous, parla lumière naturelle de notre esprit, (juo le poison est mortel. Mais que parlons-nous de révélation, (le commandement ou de défense? C'est se faire un Dieu à l'image de l'homme, c'est confondre la nature divine avec la nature humaine. Dieu agit en Dieu, c'est-à-dire d'une manière absolue^ et nos façons d'agir, que nous lui prê-
1. Trad. Saissct, t. III, p. 595-7. — Celle théorie se trouve très nettement indiquée par bescarlcs, dans la 6* médilaiion, % 16, édit. Gamier, t. lU,