Éd. Onno Klopp. he. cit., p
2. Foucher de Carcil, Lnbnit et Us deux Sophie$, p. 12S« 8. fid. Uono Klopp, /oc. cit., p. 235 ; cf. p. 234.
pour toutes au commencement. Un organisme ne sort pas immédiatement de la matière brute ; mais il ne sort pas non plus pour cela des mains de Dieu, qui le créerait par une sorte de miracle. Il sort d'un autre organisme, et celui-ci d'un autre encore, et ainsi de suite. Tous les organismes à venir étaient donc contenus d'avance dans le premier, et n'ont eu qu'à en sortir successivement. A cela les lois ordinaires de la nature ont suffi, sans nouvelle intervention de Dieu*, il n'y a donc pas de naissance, à la rigueur, mais plutôt un développement de ce qui existait déjà. En revanche, la mort n'est aussi qu'une apparence ; c'est enveloppement, diminution, qu'il faut dire. Mais les parties ne cessent pas de vivre d'une vie sourde et latente, que rien ne peut éteindre, a Ni le fer, ni le feu, ni toutes les autres violences de la nature, quelque ravage qu'elles fassent dans le corps d'un animal, ne sauraient empêcher l'âme de garder un certain corps organique". »
s. L*Aine et le corps. — Mais si la nature n'en suit pas moins son cours ordinaire, en vertu même de la constance et de l'uniformité de ses lois, une grosse difficulté surgit tout à coup. « Nous remarquons en nous que le corps obéit souvent à l'âme, et que l'âme s'aperçoit des actfons du corps. ^ C'est là un fait constant. D'autre part, « nous voyons les corps suivre les lois mécaniques du choc dans quelque machine, et l'âme suivre les lois morales du bien et du mal apparent dans quelque délibération ». Ces deux sortes de lois sont également indéniables. « Mais si l'âme et le corps suivent ainsi chacun ses propres lois â part, comment se rencontrent-ils, et comment est-ce que le corps obéit à l'âme, et que l'âme se ressent du corps'? »
Le problème, on le voit, est nettement posé. 11 faudrait expliquer le fait, sans faire le moindre tort aux lois.
On parle d'influence réciproque de la matière sur l'âme,
1. « A la vérité le mécanisme suffit pour produire les corps organiques des aniniaui, pourvu qu'on y ajoute la pi^formation. Je n'admets le surnaturel ici que dans le commencement des choses à l'égard de la première formalion. » [Théodicéej p:6face.)
t. Éd. Onno Klopp, loe. cit., p. 25i.