Éd. Onno Klopp, loc, ciL, p. S
la fonction de valet, et dépendrait de moi idéalement, en vertu de la science de ceïtii qui, prévoyant mes ordres futurs, ^ l'aurait rendu capable de me servira point nommé pour tout le lendemain; la connaissance de mes volontés futures aurait mû ce grand artisan, qui aurait formé ensuite Tautomate^ » Leibniz réussit à sauvegarder et les lois du corps et celles de Tesprit. Quant au fait lui-même, c*est-à-dire à rinfluence apparente des deux choses Tune sur lautre, il Texplique en disant qu'elles ont un seul et même auteur qui, une fois pour toutes, a préétabli entre elles la plus parfaite harmonie. Toute la difdculté est de savoir si leur commun auteur a été capable de cette merveille. Mais songeons qu*il est la Sagesse même et qu'on ne saurait lui trop accorder.
Et Leibniz compare ensemble les trois hypothèses. « Ou les lois des corps et des âmes sont troublées, dit-il, ou bien elles se conservent. Si ces lois sont troublées, il faut que Tune des deux choses trouble Tautre, ce qui est Vhypothèse de ^influence; ou que ce soit un tiers qui les trouble, c'est-à-dire Dieu dans Vhypothèse des causes occasionnelles. Mais enfin si les lois des corps et des âmes se conservent, sans être troublées, c'est Vhypothèse de l'harmonie préétablie qui est par conséquent la seule naturelle'. »
On voit que Leibniz veut éliminer à tout prix de l'univers le désordre, le hasard, ou la liberté d'indifférence. Mais les lois qu'il y substitue n'amènent pas une nécessité brute et aveugle. Songeons que le mécanisme qui développe les corps organisés, les trouve tels par avance, et se plie par conséquent à un art préexistant ; puis, dans le corps humain, les mouvements résultent des perceptions plutôt qu'ils ne les occasionnent, si bien que la nécessité qui règne est celle du nuilleur, qui est la cause fmale de toutes choses, tandis que les causes efiicieutes ne font que le réaliser docilement*.