‹ Études sur les principaux philosophes, rédigées confermément aux programmes officials du 31 mai 1902, à l'usage de la classe de philosophie et des candidats au baccalauréatChapitre 189 sur 285 · S YU. - RÈGNE DE LA GRACE · texte numérisé non relu

S YU. - RÈGNE DE LA GRACE

(82-90 indus.)

i. Les Esprits. — Les âmes raisonnables ou les esprits ne sont pas seulement des miroirs ou des images de lunivers, comme toutes les monades inférieures. Ce sont aussi des images de Dieu; et, seules entre toutes les autres créatures, elles le reflètent et le connaissent. Et même, en prenant connaissance du monde créé, elles le créent, pour ainsi dire, de nouveau en elles-mêmes, imitant, dans la mesure de leurs forces, Tacte divin par excellence. Elles Timitcnt encore lorsqu'elles inventent des merveilles, comme les chefs-d'œuvre de l'art; enfln, dit Leibniz, c notre âme est architecfonique encore dans les actions volontaires' ». Non pas qu'elle soit, comme le pensait Spinoza, une partie de la Divinité; elle est plutôt une image, un simulacre de celle-ci, elle est elle-même comme un petit dieu dans son département*.

•. cité divine. — Â ce titre, les esprits sont avec Dieu dans une sorte de société, qui est véritablement la Cité divinCy comme disait saint Augustin, et avant lui les Stoïciens. C'est un nouvel empire dans le règne de la nature, et un autre monde. En effet, Dieu, à l'égard de ses autres créatures, n'est que comme un inventeur en présence de sa machine, ou bien un architecte devant le palais qu*il a construit. Il y fait éclater surtout sa sagesse et sa puissance. Mais, à l'égard de tous les esprits ensemble, à l'égard des âmes raisonnables, il est comme un monarque avec ses sujets ; il leur donne des lois que ceux-ci comprennent et acceptent; et comme ces lois ont pour objet leur bonheur, elles témoignent surtout de sa bonté, et on dirait un père avec ses enfants. « C'est en quoi consiste l'avantage des esprits pour

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