‹ Études sur les principaux philosophes, rédigées confermément aux programmes officials du 31 mai 1902, à l'usage de la classe de philosophie et des candidats au baccalauréatChapitre 194 sur 285 · Nouveaux Essaie, liv. I, c. i, g · texte numérisé non relu

Nouveaux Essaie, liv. I, c. i, g

4 £u. Onno Klopp, I* Relche, X** B., p. 161

et contingentes, qui peuvent manquer et ne sont point d*une nécessité absolue'. » Celles-ci viennent des sens et de Texpérience; les autres, de ta lumière naturelle interne, et c'est ce que Je veux dire, conclut Leibniz, en disant qu'elles sont nées avec nous.

De toutes les vérités, on peut dire que Tesprit a la capacité ou la faculté de les connaître; mais il y en a qu'il connaît par la réflexion, et non par Tobservation extérieure; il y en a qu'il connaît entièrement et sans le moindre doute« et non pas en faisant des exceptions et des réserves ; et celles-là sont des vérités innées.

9. La puissance et l'acte. — Pliilalèthe insiste. A quoi bon les appeler innées, s'il faut néanmoins les apprendre, si on ne les sait pas naturellement? En quoi diffèrent-elles alors des vérités qui ne sont pas innées? Et quel est l'avantage d'une telle hypothèse?

Les vérités innées, répond Leibniz, s'apprennent comme les autres, quoique avec infiniment moins de peine. Mais cela prouve-t-il qu'elles n'étaient pas déjà dans notre esprit? H suffit de dire qu'elles y étaient à l'état de dispositions, d'aptitudes déjà actives, ou de virtualités. Apprendre, c'est passer d'une connaisbance simplement virtuelle à la connaissance actuelle*. Apprendre n'est donc possible que si l'on sait déjà. Contradiction pure, disaient les sophistes dans l'antiquité; et d'autre part, ils se plaisaient à montrer que si l'on ne sait à aucun degré, jamais on n'apprendra, de môme que si l'on n'avait aucune idée d'un objet, on le chercherait en vain : comment le reconnaître, en passant auprès de lui? Aristote résolut la difficulté par sa distinction de la puissance et de VaclCy que Leibniz ne fait que reprendre ici, lorsqu'il parle d'une « préformation qui détermine notre âme et qui fait que certaines vérités en peuvent être tirées* a.

1. Lettre à la reine Sophie-Charlotte, du 7 déc. 1703. (Éd. On no KIopp, loc. cit., p. 2iO.) — Dans celle lettre, Leibniz ref)rend le même problème d'arillnin*tique, sous une l'orme un peu (lifférenle : « Les nombres impairs tout de suite, dit-il, sont les différences des nombres carrés mis de suite. > Les dil'féi'cnces entre 1, 4, U. 16, ^, etc., sont bien, en effet, 3, 5, 7, 9, etc. (p. 221).

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