‹ Études sur les principaux philosophes, rédigées confermément aux programmes officials du 31 mai 1902, à l'usage de la classe de philosophie et des candidats au baccalauréatChapitre 195 sur 285 · Nouveaux Kfisais, hv. I, c. i · texte numérisé non relu

Nouveaux Kfisais, hv. I, c. i

3. Nouveaux Entai», liv. 1, c. i, g 11. — Descartes avait dit : « Je les ai nom-

919 I niLOSOPHES HOr ERNES.

L'âme n'est donc pas, comme le croyait Locke, une tablette vide, tabula rasa, ou une feuille de papier, toute blanclie, sur laquelle aucun caractère n'est tracé : Leibniz la compare plutôt à un bloc de marbre dont les veines maïquent déjà naturellement une figure, dont l'ouvrier n'a plus qu'à profiter.

8. Principes de morale. — Ce qui est vrai des principes scientifiques ne l'est pas moins des principes moraux. Ici encore, parmi toutes les coutumes que l'on trouve chez les . hommes, il y en a vers lesquelles ils ont plus de penchant. Locke avait insisté sur les pratiques bizarres ou monstrueuses de peuplades sauvages, pour montrer qu'aucune loi n*était universellement suivie, comme elle aurait dû l'être, si elle avait été gravée à l'origine dans toutes lésâmes. Mais, répond Leibniz, « quoiqu'il n'y ait point de mauvaise pratique peutêtre qui ne soit autorisée quelque part et en quelques rencontrea, il y en a peu pourtant qui ne soient condamnées le plus souvent et par la plus grande partie des hommes* ». « Le naturel, dit-il encore, ou un instinct de notre nature a été cause que la coutume s'est tournée plus généralement du bon côté. » Et cela, non pas seulement parce que notre intérêt l'exigeait, mais parce que les hommes ont en outre « un certain soin de la dignité et de la convenance' ».

Qu'on accorde seulement à Leibniz l'innéité de nos instincts du bien et du bonheur. Ces instincts sont, pour lui, comme une traduction, dans notre sensibilité, des principes qui se trouvent dans notre entendement. « Nous sommes portés, dit-il, aux actes d'humanité par instinct, parce que cela nous plait; et par raison, parce que cela est juste. » « 11 y a donc en nous des vérités d'instinct qui sont des principes innés, qu'on sent et qu'on approuve, quand même

mées (ces idées) naturelles, au même sens que nous disons que la générosité, par exemple, est naturelle k certaines faniilles ; ou que certaines maladies, comme la goutte ou la gravelle, sont naturelles à d'autres; non pas que les entants qui pi*ennent naissance dans ces familles soient travaillés de ces maladicf aux ventres du leurs mères, mais parce qu'ils naissent avec la disposition ou la faculté de les contracter. » (Éd. Garnier, t. IV^ p. 84.)

Page 1