Nouveaux Essais, lir. 1, c. ii, § !20, fin
muscles et les tendons le sont pour marcher, quoiqu'on n'y pense point*. y> Leibniz entend donc par là ce qui rend l'esprit capable de comprendre, ou plutôt la capacité même de s'instruire qui caractérise l'esprit. C'est pourquoi nier les principes innés, et les ranger parmi les choses qui peuvent nous venir de l'extérieur, au moyen de l'expérience, c'est véritablement nous jeter « nous-mêmes hors de nousmêmes'». Car enfin, ce qui est inné, c'est notre esprit: <{ Nous sommes, pour ainsi dire, innés à nous-raômes. » La connaissance suppose à la fois deux choses, une matière l'ournie par les sens, puis nos propres réflexions sur cette matière. Celle-ci est indispensable, assurément, et «nous ne penserions même pas à la pensée, si nous ne pensions à quiîlque autre chose, c'est-à-dire aux particularités que les sens fournissent*, u Mais « ce qui est nécessaire pour quelque chose, n'en fait point Tesscnce pour cela. L'air nous est nécessaire pour la vie, mais notre vie est autre chose que l'air ^ ». La pensée et la réflexion ont donc leurs règles ou leurs lois, et c'est ce que, sous le nom d'entendement, Leibniz rev(»ndique contre Locke: «Rien n'est dans rentoudcnitMit, (lit il avec lui, qui n'ait été d'abord dans les sens; rien, ajoute-t-il, si ce n'est l'entendement lui-même. » A^i7ii7 est in intellectu, quod non fuertt prius in sensu, nisi ipse inleliecius.