‹ Études sur les principaux philosophes, rédigées confermément aux programmes officials du 31 mai 1902, à l'usage de la classe de philosophie et des candidats au baccalauréatChapitre 209 sur 285 · Recherche de la Vérité^ liv. I, c i · texte numérisé non relu

Recherche de la Vérité^ liv. I, c i

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sensibles appartiennent à l'esprit*. » Par cette démonstration indirecte, dont toute la force dépend de Tidée qu*on se fait des corps, les qualités sensibles se trouvaient détachées de ceux-ci, pour devenir simplement des manières d'être de TAme. Mais comment expliquer ensuite que Tâme les sépare do soi, pour les attribuer à des objets extérieurs? Car enfin elle voit la lumière hors d'elle et les couleurs répandues sur les objets, elle sent la dureté dans une pierre, la saveur et Todcur dans un fruit, et même la chaleur dans le feu. Elle se dépouille elle-même de toutes ses modifications pour en revêtir les différentes choses. D'Alembert dira nettement dans le Discours préliminaire de V Encyclopédie, en 1751 : « N'y ayant aucun rapport entre chaque sensation et l'objet qui l'occasionne, ou du moins auquel nous la rapportons, il ne parait pas qu'on puisse trouver par le raisonnement de passage possible de Vune à l^autre; il n'y a qu'une espèce d'instinct, plus sûr que la raison même, qui puisse nous faire franchir un si grand intervalle*, » A la place de cet inslinct, qu'avait encore admis Locke, Condillac propose le premier une explication raisonnée.

t. Solution. — Il passe en revue les sensations qui nous viennent des dilférenls sens, d'abord celles de l'odorat, puis colles de l'ouïe, de la vue, du goût. Il n'y trouve que de simples modifications de notre être. Borné à l'odorat, un linmme « n'existe que par les odeurs, que dans les odeurs : il se croit, et il ne peut se croire que les odeurs mêmes. » Borné au sens de l'ouïe, « il devient un bruit, un son, une symphonie. » Il devient, avec la vue, une série de couleurs, et de saveurs avec le goût. Ces différentes sensations ne lui donnent encore, suivant Condillac, c aucune connaissance des objets' ».

Bestent les sensations du toucher. Celles-ci font d'abord sentira l'àme l'action des parties de son corps les unes sur les autres, et surtout les jnouvements de la respiration. En même temps viennent les sensations de chaud et de froid,

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