Extrait raisunné
diatcment de la nature toutes les facultés dont elle est douée, devient donc inutile, et avec elle Thypothèse des idées innées.
s. Point d*idéea inBé«a. — Condillac recherche néanmoins la cause de nos illusions à ce sujet. A l'heure qu'il est, a tout ce que Tâme peut savoir, c*est qu'elle a dos idées qui lui servent pour régler ses jugements, et qui ne sont pas des sensations ». Et môme nous n'acquérons des connaissances qu'en comparant chaque objet nouveau à ces idées antérieures. Elles sont donc le fond de toutes nos connaissances, elles constituent ce que nous nommons Tétre pensant. Quant aux sensations, nous ne songeons pas qu'elles n'appartiennent dans le vrai qu'à r;hne, nous les prenons pour certaines qualités des objets : elles semblent alors inutiles à la génération des idées. Comment ne pas croire ensuite que celles-ci sont nées avec
nous
Mais, (lit Condillac, que signifie ce mot idée? Personne no l'a encore bien expliqué. Quant à lui, tantôt il y voit le souvenir ou l'image d'une sensation passée, tantôt l'image d'un objet extérieur. Dans le premier cas, l'idée s'oppose à la sensation présente ou artuelle; dans le second, elle ne lait qu'un avec elle, ce qui n'a lieu, ujoule-t-il, que pour les sensations du toucher, les autres n'élant que des sensati(»ns toutes pures, c'est-à-dire de simples modifications de nolro être; mais par le Ipucher nous saisissons, en quelque sorte, des êtres extérieurs en même temps que le nôtre. Donc ce mot idée indique le plus souvent un rapport à quelque objet. Si l'on combine ce second sens avec le premier, on obtient des idées générales, formées du souvenir d'une multitude de sensations semblables, et dont cbacime se rapporte à quelque chose hors de nous. Mais, remarquons-le, dans les deux cas, l'origine des idées est la même, c'est toujours la sensation. Donc la distinction entre le fond de nos connaissances et celles qui s'acquièrent successivement, n'est qu'apparente : ce fond lui-même a été acquis peu à peu par