Livre I, chapitre II i rapport den lois avee les
divers être». — Lcs trois chapitres du premier livre ont
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pour objet d'établir les principes, de classer les lois et leurs j.rincipales conditions, par là môme dliidiquer le plan de l'ouvrage. Tous les trois obéissent à une pensée commune, qui est d'opposer à la doctrine de Hobbes une doctrine de tous points contraire. C'est ce dont nous allons nous assucr, en les étudiant Tun après l'autre.
Le premier chapitre cherche le fondement des lois, ou, conmie dit le titie, les rapports qu'elles ont avec les divers êtres, [lobbes opposait l'état de société à l'état de nature. Naturellement, l'iiomme vit en solitude on en groupements de circonstance*; il en éprouve les désavantages, et il décide alors de constituer une société régulière. Celle-ci est le résulta* d'une résolution collective, d'une convention, u C'est volontairement que la société est contractée*. » Dès lors les lois sociales, même les plus importantes, ont dans ce contrat leur unique source. Auparavant il n'y avait rien de juste ni d'injuste; a il était permis à chacun de faire tout ce que bon lui semblait contre qui que ce fût*. » L'injustice n'est possible a qu'envers îiu homme à qui on a cédé quelque droit* ». Bref les lois humain(»s défont l'œuvre de la nature, et elles sont l'œuvre de la volonté. Suivant Montesquieu, ellob dérivent de la nature et elles sont l'œuvre de la raison, (.'est ce qu'il prétend établir dans ce chapitre, où on peut distinguer trois moments.
t° a Les lois, dans la signification la plus étendue, sont les rapports nécessaires qui dérivent de la nature des choses; et, dans ce sens, tous les êtres ont leurs lois : la divinité a ses lois, le monde nialériel a ses lois» les intelligences supérieures a l'honune ont leurs lois, les bétes ont leurs lois, l'homme a ses lois. » Suivant llubbes, il y a deux types antagonistes et irré«luclil)les de lois : d'une part, les lois de la nature, nécessîui'es et iuHuuables, qui se confondent avec la force des choses; d'autre part, les lois sociales, contingentes et modifiables, qui ont pour principe l'artifice humain.
1. Cesl ce qu'il aiipellu la suciéUr naturelle, toute diITôrcnle de U Rociété civile [De cive^ ch. I, g ii, remarque 1). t. Ib., I, II.