‹ Études sur les principaux philosophes, rédigées confermément aux programmes officials du 31 mai 1902, à l'usage de la classe de philosophie et des candidats au baccalauréatChapitre 228 sur 285 · I. Sa vie et ies ouvrages · texte numérisé non relu

I. Sa vie et ies ouvrages

II. Critique de la raison pure, — 1. Objet et méthode. — 2. Jugements analytiques et synthétiques. — 3. L'esi)ace et le temps. — 4. La causalité. — 5. Idées de la raison. — 0. I.e moi. — 7. Antinomies. — 8. IHeu. — 9. Conclusion.

III. Critique de la raison pratique. — \. Objet et méthode. — 2. Morales antérieures. — 3. Le devoir. — 4. Les trois régies de Kant. — r>. Poslnlnls de la raison i)rali(iuo. — 0. Conclusion.

IV. Critique du jugement. — 1. hou ohj»'f. — "1. Sentiments esthétiques

— 7). Contint^cnc.e dans la nature. — i. Finalité externe et interne.

— 5. Incertitude théoriqae. — G. Conclusion.

§ ï. — SA VIE ET SES OUVRAGES.

Emmanuel Kant naquit le 22 avril 1724 à Kônîgsberg. Il ne quille guère celle ville, si ce u*est de 1746 h 17;V), pour être prêce[)teur dans quelques lamilles des environs. Mais, comme il le dit lui-même, « une grande ville, capital** d'un royaume, siège du gouveruemenl, qui possède un.* niiiversitè pour la (Millure des sciences, et qui est en oulrrun point impoilant pour le commerce maritime, qui, pai des lleuves venant de l'inlêrieur du pays, favorise un commerce avec dfs nations voisines, différenles de mœurs etdr langage ; une pareille cité, comme par exemple Kônigsberg. sur le Pregel, peut déjà passer pour une localité aussi favorable à 'a connaissance de riiomme qu'à celle du monde,

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el (Ml celte double connaissance peiil élre acquise sans se déplacer* ».

Son pure était sellier. Sa mère, très religieuse, mais sans fanatisme ni mysticisme, prit soin de sa prenïière éducation. Plus tard la pensée de Kant se reportait avec une émotion reconnaissante « vers ce temps béni de son enfance où jîunais rien d'injuste ni d'immoral n'avait offensé ses oreilles ou ses yeux ». Et il composa à la mort du pasteur qui avait marié ses parents un quatrain funéraire, où il disait : a Celui-là ne se voit enlever aucune espérance qui croit pour bien faire, et qui fait bien pour croire avec sérénité. »

Il fut nïis au collège Fréd^M'ic, que Franz-Albert Scliultz diiigeait alors dans le sens du piétisme. Cette doctrine relii^ieuse consistait à préférer au commentaire officiel des symboles rinter|)rétation personnelle delà Bible. Elleémanci[)jnt les intelligences de la servitude des dogmes, mais pour assujettir d'autant plus les volontés à une rigoureuse pratique de la loi morale. Plus tard, un des condisciples de Kant. devenu le philologue Rulinken. lui rappelait ces armées, où « nous étions l'un et l'antre tenus en bride, disnit-il, sous la discipline de ces fanati({ues; elle avait du bofi, ]»onrtant, el il ne faut pas s'en plaindre ».

Kant y a[)prit le latin, le grec, l'hébreu, le français, l'iiistoire, les mathématiques et la logique. Les classiques latins lui ]»Iurenl particulièrement. 11 semble dès lors avoir pris pour devise ces beaux vers de Juvénal :

Summum credc netas, animam piinferre pudori ; Et pi opter vitain, vivendi pcrdere causas.

Kn I7Î0, Kant entra à l'Université. 11 y eut, entre autres mailles, Martin Knutzen, qtii enseignait la philosophie de M'oIlT, plutôt que la vraie ilocirine de Leibniz. Ile plus, Knutzeii lit counailre Newton à Kant.

Vinrent ensuite neuf années de préceptorat (1740-175^).

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