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^512 PHILOSOPHES SIODËRNËS.
réseau de relations constantes ^ II y a donc dans le doute méthodique un élément de foi; il y a en même temps un élément de défiance, mais de défiance envers soi-même et envers ses propres inspirations. Au rebours du scolastique, le savant est modeste, prêt à abandonner ses idées, si la vérité Texige; il garde sa liberté d'esprit, môme à Tégard de ses opinions les plus chères. Il se dit que toute théorie, absolument parlant, est fausse, c'est-à-dire inadêtjuate à la pleine rùahté; surtout il se tient en garde contre les tentations de Tamour-propre, et il veille à n*avoir jamais, comme dit Bacon, Tœil humecté par les passions humaines*. Le doute scientifique combine ainsi un double état de confiance absolue et de réserve constante. On pourrait résumer la pensée de Claude Bernard sur ce point: le savant a la certitude qu'il y a des lois, et il n'a la certitude d'aucune loi.
B. Observation et expérience. — Le doute scientifique est l'esprit qui anime le raisonnement expérimental. Celui-ci, envisagé dans son mécanisme, s'ofFré au premier regard sous un aspect matériel ; il se compose d'actes d'observation et d'expérience, il constitue, à proprement parler, l'investigation.
On a distingué l'observation et l'expérience d'après des diftÏM'onces extérieures. Suivant les uns, l'obseï vation s'appliquerait aux choses nprmales, par exemple aux fonctions dans l'état de santé ; rexpérience s'appliquerait aux choses anormales, par exemple aux maladies. Selon d'autres, le premier procédé serait la constatation des faits tels qu'ils s'offivnt d'eux-mêmes; c'est le cas en astronomie. Le second porterait sur des altérations voulues par le savant, par exemple sur des organes intentionnellement mutilés. Dans le premier cas, l'esprit est passif et il écoute la nature ; dans le second, il est actif et il l'interroge. Ces difl'én'nces sont fondées, pourtant elles restent superlicielles. La vraie se tire encore une fois d'une attitude mentale : ce qui caractérise l'observation et l'expérience, c'est la présence ou l'absence d'une idée préconçue. On a condamné à tort les idées préconçues ;
i. introduction et Rapport, /^o^^tm.